04 - La descente aux enfers de Dieudonné

Publié par jean jean

Très vite, les propos confus de l’humoriste prennent comme sujet principal la Traite des Noirs, un sujet historique constamment mis en parallèle chez lui avec le traitement de la Shoah dans les médias. Une comparaison qui n’a pas de sens en elle-même ; mais dont on découvre vite l’origine chez lui en remontant à ses lectures, qui sont toutes anglo-saxonnes. Dieudonné, totalement inculte en histoire (ce que révèlent ses interviews), est allé puiser sur Internet les informations capables de répondre à son questionnement. Sans s’apercevoir que tout ce qu’il puisait provenait d’écrits néo-nazis, présents essentiellement aux USA. Le voilà parti en croisade sur de bien mauvaises bases, réclamant à cor et à cri que l’on parle davantage de l’esclavage dans les livres d’histoire, sans s’apercevoir que le sujet avait déjà été déjà traité (avec plus ou moins de bonheur, on l’avoue sans peine, avec le « Commerce Triangulaire » (1)), et ce bien avant que l’on ne parle de la Shoah ou du régime de Vichy, et de la Collaboration, qui seront longtemps occultés dans les ouvrages des élèves. Historiquement, l’homme est à côté complètement de ses pompes, toujours influencé par des projets à l’orientation historique aussi légère que ses propres connaissances sur le sujet. Il bénéficiera dans cette croisade de l’aide d’altermondialistes, eux-mêmes incapables de s’apercevoir qu’ils se nourissaient d’un site internet présenté comme tel et créé en fait par l’ex leader du Ku-Klux-Klan. En ce sens, le comique s’est fait mener en bateau, ou plus exactement en pirogue, voire en barque. Une barque menée par des extrémistes de droite, qui se sont aperçus avant lui de la puissance que pouvait exercer l’Internet sur l’opinion publique, lassée des médias dits « mainstream ».
La traite des noirs, ou l’incompréhension historique chez Dieudonné
http://centpapiers.com/wp-content/uploads/Unknown-30-f5a59.jpg
  • Sur la traite des noirs, cela va devenir assez singulier chez lui à faire de tous les juifs… des négriers. On a du mal à comprendre pourquoi chez Dieudonné : noir de peau ; il s’imagine la victime lointaine du judaïsme, peut-être bien (son cas étant en ce cas psychanalytique) ! Son explication confuse des faits « historiques » dont il parle vont en fait nous renseigner sur ces sources, extrêmement révélatrices sur d’où lui étaient venues ses idées brunes. C’est à Beur-FM qu’il va tenter tout d’abord d’expliquer ce que lui-même a retenu de l’histoire « il y a eu des Juifs négriers, mais ça, il s’en sont foutu mais plein les fouilles avec le commerce des Noirs. » Ce qui semble un peu confus et fort… succinct., aussi ajoute-t-il ce jour-là dans la foulée, que la « communauté juive, notamment aux États-Unis (idem) », avait «  quasiment le monopole sur les armateurs, les bateaux ».Première nouvelle : historiquement, on a davantage cité la bourgeoisie naissante bordelaise ou nantaise des grands armateurs, mais bon, on se dit qu’il doit être aussi bon en géographie que les infographes de CNN, qui sait. Puis il se reprend et cite « Un certain M. Lopez, Abraham Lopez. Il y avait, euh… c’est l’histoire, c’est historique, c’est comme si vous… il n’y a pas de discussion (même source). » Et pourtant que si, il y en a, car le récit de Dieudonné est bien plus que fragmentaire. Visiblement, il a lu en travers : l’homme s’appellait réellement Aaron Lopez et il était… portugais, s’appelant même Duarte (Edward) au départ, et était effectivement juif et marchand d’esclaves. Un parmi les centaines répertoriés qui s’adonneront au trafic à Newport notamment. Arrivé en Nouvelle Angleterre en 1752, il avait d’abord commencé un commerce de chandelles faites à partir de blanc de baleine appelé « spermaceti » (un organe situé dans la tête du cachalot). A partir de là, il s’était mit à vendre de tout dans son comptoir ; des fournitures diverses, des planches et des haches, du poisson salé… et des esclaves, alors considéré comme simple main d’œuvre à négocier ! On est loin du compte des juifs tous négriers présenté par Dieudonné qui ignore totalement l’existence d’un négrier juif français, David Gradis (d’une famille elle aussi chassée du Portugal !), pourtant davantage connu ici qu’Aaron Lopez ! Preuve que ses sources n’étaient pas des historiens français, et c’est bien là la faille chez le comique !
    Ignorance totale de la traite côté Français
    http://centpapiers.com/wp-content/uploads/grou-9abe3.jpg
  • Car Gradis, mais Dieudonné l’ignore sans doute, avait reçu en 1763, de Choiseul, le ministre de la Marine le monopole du commerce des possessions françaises d’Afrique occidentale. Ce que Dieudonné aurait dû savoir : c’est en effet lui qui avait acheté l’île de Gorée, puis Cayenne et les Antilles !!! Pourquoi donc ainsi ignorer le français Gradis ou le négrier Guillaume Grou (à Nantes) et lui préférer un américain inconnu par ici ? La question mérite réflexion. On n’a jamais entendu non plus Dieudonné parler de Delgrès, par exemple et de sa lutte contre l’esclavage (il s’était fait sauter plutôt que de se rendre, en voilà une figure emblématique !). Or on découvre vite une raison fort particulière : certains nient la participation de l’île de Gorée à la traite des noirs, phénomène pourtant historiquement prouvé. Et qui se permet de le faire ? Ne cherchez pas bien loin : il s’agît bien entendu d’un négationniste, bien sûr, que connaît très bien pourtant Dieudonné : « Je ne suis pas d’accord avec toutes ses thèses », déclare Dieudonné dans le Journal du Dimanche, « il nie par exemple la traite des esclaves organisées depuis l’île de Gorée, au large de Dakar. Mais pour moi, c’est la liberté d’expression qui compte.«  En somme, Dieudonné ne retient qu’un seul négationnisme, chez Faurisson : celui à propos des juifs, mais surtout pas celui à propos des noirs de Gorée ! Comment peut-on autant se contredire sans paraître ridicule, à force ? Il cite plutôt un juif américain comme responsable et non des négriers français, pourtant eux-mêmes installés à Gorée ! Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà …ou Dieudonné la girouette ? Ou le négationnisme à sens unique, plutôt, chez lui serait-on tenté de dire ! Dieudonné n’a que fort peu de connaissances historiques, et c’est bien là son problème. Comme il le dira plus tard dans son spectacle « Mahmoud » « Je ne conteste pas la shoah. Je la trouve mal retranscrite. L’Histoire, c’est pour les cons et c’est un nid à problèmes (…) Tout ça pour une histoire de chambres à gaz. »L’histoire pour les cons ? La Shoah limitée au seul usage du Zyklon B ? C’est une réfexion de « beauf », mais certainement pas de gars responsable aux prétentions politiques allant jusqu’aus présidentielles ! Dieudonné, qui ne connaît visiblement rien à l’Histoire, même à celle censée l’intéresser au premier chef, comme la Traite des Noirs, dans laquelle il évite de voir ce qu’en a dit son mentor sur les camps de concentration, tient des propos de comptoirs de bistrot sur l’Histoire en général : un comble. A partir de là, peut-on débattre avec lui sur le peu de connaissance qu’il en possède ? http://centpapiers.com/wp-content/uploads/louverture-76f3b.jpg
  • C’est impossible (Elisabeth Levy en saura quelque chose, qui tentera de discuter avec lui en finissant par jeter l’éponge !) ! Ce n’est pas demain qu’il nous parlera correctement de Toussaint Louverture, célébré en musique par Carlos Santana ! Franc-maçon, il est vrai, il n’a pas trop de chance à ses yeux (à moins que Dieudonné ne l’ignore, ce qui reste possible !). Rendons-lui au moins cela : il en a effectivement parlé de Toussaint Louverture. Le jour où il l’a fait, c’était pour faire une comparaison à côté de la plaque :  »(…) il n’y a même pas une impasse Toussaint-Louverture(vérifiez-donc, il y a même une rue à ce nom à Bobigny ou à Saint-Denis !) . Or, le héros noir de la traite nègrière, c’est lui. C’est lui qui est né esclave et qui va libérer Haïti. C’est très compliqué. C’est comme si on disait, en France, qu’on allait prendre un Allemand pour parler de la Résistance. Il y avait de bons Allemands, même des très bons ». Comment peut-on se permettre pareille idiotie et pareille comparaison ?
    Une vieile rengaine antisémite
    http://centpapiers.com/wp-content/uploads/lopez-84737.jpg
  • La question demeure : qui d’autre à mis autant le seul Lopez en avant, chez lui ? Toujours les mêmes. « On trouve ainsi le nom d’Aaron Lopez, avec l’assertion que « le vaste trafic d’esclaves noirs fut un monopole juif », dans un écrit d’un antisémite obsessionnel nommé Jacques Daudon, fondateur du Parti des Français Progressistes et Humanistes (P.F.P.). M. Daudon donne pour référence trois livres : « La pieuvre mondialiste attestée par les Protocoles des Sages de Sion », de Sulkos, « Les responsables de la seconde guerre mondiale », de Rassinier, et « Les mythes fondateurs de la politique israélienne, de Garaudy. » Trois infections littéraires ! On retombe sur de l’antisémitisme, avec une nuance de taille. Daudon, qui se présente comme « agriculteur » est aussi un individu adepte des médecines parallèles douteuses, dans lesquelles il fait la promotion d’un personnage fort discutables. Le Docteur Matthias Rath, un escroc dont les travaux n’ont pas été reconnus, et qui vend des produits survitaminés comme remèdes contre le cancer, il est accusé d’avoir mené des essais cliniques non autorisés en Afrique du Sud, en utilisant des vitamines comme thérapie anti-HIV ayant entraînant la mort de malades : sa fondation a été condamnée par un triple communiqué du programme des Nations Unies contre le sida (UNAIDS), de l’OMS et de l’Unicef. Un médecin charlatan blanc ayant tué indirectement des noirs ; voilà qui aurait dû parler à Dieudonné, pourtant… au choix toujours sélectif des auteurs de tous les maux de la Terre. Daudon est aussi accessoirement supporter de Mirko Beljanski, celui qui s’était opposé à Jacques Monod au point d’être licencié en 1978 de l’Institut Pasteur. Et Daudon est allé s’approvisionner ailleurs… chez Dieudonné, ça deviendra la tirade « « C’est en Israël que les juifs ont développé le sida en laboratoire, dans le but d’eradiquer les palestiniens, puis le peuple noir africain »... après ça, rideau, je pense !
    Du calypso aux juifs négriers
    http://centpapiers.com/wp-content/uploads/farrakhan-c7bf5.jpg
  • Les sources uniquement américaines de Dieudonné sur la traite des noirs sont en effet évidentes. Elles reposent essentiellement sur les thèses récentes historiquement parlant d’un personnage sulfureux. Louis Eugene Walcott, plus connu sous le nom de Louis Farrakhan, noir américain contemporain, né d’un père jamaïcain, devenu le roi du Calypso au violon, surnommé « Le Charmeur ». Un converti à l’Islam sous l’influence de Malcom X dont il n’avait ni l’intelligence ni le charisme, visiblement. L’homme se fâchera avec son mentor avant de le menacer verbalement de mort. On retrouvera Malcom X lesté de 22 balles, tirées par 3 assassins. Mais la veuve de Malcom X Betty Shabazz n’en démordra jamais : pour elle, c’était bien Farrakhan le commanditaire. Un Farrakhan qui a introduit en 1991 la thèse délètère de la prééminence des juifs dans la traite des noirs dans son document  »The Secret Relationship Between Blacks and Jews« , entièrement rédigiée part son groupe islamique Nation of Islam, et non par des historiens, un groupe dont le but avoué était de faire la promotion du nationalisme noir. Tout était bon chez lui pour charger les négriers juifs, qui se voient dans l’ouvrage hériter d’être les ordonnateurs des pires sévices. L’ouvrage est avant tout antisémite et n’a rien d’historique. D’où automatiquement son succès chez les… néo-nazis, qui vont le reprendre à leur compte en dissimulant souvent sa provenance. Plusieurs historiens dénonceront publiquement l’ouvrage, Wikipédia citant notamment Wim Klooster, de l’Université du Maine, qui  »indique que les Juifs d’Amérique : «  possédaient nettement moins d’esclaves que les non-Juifs dans les territoires britanniques d’Amérique du Nord et des Caraïbes. Même quand des Juifs, dans un petit nombre de lieux, possédaient des esclaves en quantité légèrement supérieures à leur représentation parmi les familles d’une ville, ces cas ne peuvent en aucun cas corroborer les assertions du livre de la Nation de l’Islam. »  Fait notable ; Farrakhan, grandement attiré par l’argent et les honneurs, ira s’approvisionner financièrement auprès de leaders africains, tel le leader Lybien qui lui remettra un infâmant  »Prix Kadhafi des droits de l’homme » d’une valeur de 250 000 dollars, ce qui donnera des idées plus tard à d’autres, pour sûr.
    Dieudonné, un Farrakhan français 
    http://centpapiers.com/wp-content/uploads/farrakhan-2-457e9.jpg
  • Wikipedia cite deux autres historiens encore : « le professeur Jacob Marcus indique que « la participation des hommes d’affaires juifs américains représentait moins de deux pour cent des importations d’esclaves dans les Antilles ». Le rabbin Bertram Korn dans son ouvrage Jews and Negro Slavery in the Old South, 1789-1865, précise qu’aucun des principaux marchands du sud esclavagiste n’était juif et que « la totalité des trafiquants juifs dans toutes les villes et villages du Sud réunis n’ont jamais acheté ou vendu autant d’esclaves que la société Franklin and Armfield, les plus gros trafiquants d’esclaves du Sud. ». Les négriers juifs sont donc un mythe, mais un mythe tenace repris tel quel par Dieudonné, après avoir rencontré un des envoyés de Farrakhan… comme le précise Anne-Sophie Mercier dans son livre paru en novembre 2005 analysant sèchement l’humoriste (un livre à recommander bien sûr).  »Se positionnant comme victime, Dieudonné n’a pas choisi le bourreau, mais le rival, c’est-à-dire, celui qui apparaît, injustement à ses yeux, comme identifié par le monde comme plus victime que lui », souligne Anne-Sophie Mercier. Sous couvert d’un langage antisioniste, il joue en réalité sur la corde antisémite, véhiculant l’idée du « complot juif » et n’hésitant pas à falsifier grossièrement l’Histoire. C’est ce même antisémitisme qui traverse le discours des mouvements radicaux noirs américains, tel Nation of Islam, de Louis Farrakhan, un « mouvement aussi antisémite que radicalement islamiste », note Anne-Sophie Mercier, qui précise que Dieudonné a rencontré en France le représentant de M. Farrakhan. Dieudonné sait se faire « compagnon de route des islamistes », observe Anne-Sophie Mercier. http://centpapiers.com/wp-content/uploads/dieudo_livre-cea40.jpg
  • Avec eux, souligne-t-elle, il a des amitiés communes et surtout un but commun : « fragiliser un Etat républicain honni en tapant sur les failles ». Dieudonné ne serait-il à partir de là qu »un simple agitateur anti-républicain ? Le reste de sa carrière méfiatique va confirmer le fait, où il va prendre constamment prétexte de cet événement historique pour en railler d’autres, en focalisant à chaque fois sur la Shoah. Et ce, partout où il passera. Chez Thierry Ardisson, face à Georges Marc Benamou -invité pour  »C‘était un temps déraisonnable : Les premiers résistants racontent« , en avril 2001-, Dieudonné venu pour parler de sa prestation dans le film « Voyance et manigance », aura une remarque désagréable sur la chanson d’introduction (et un « lancement » grotesque de la part du présentateur !), laissant Ardisson lui dire qu’il n’était plus aussi marrant que jadis (et nous n’étions alors qu’en 2001 !). Et Dieudonné de s’emballer aussitôt sur « la communaute juive » qui aurait occupé l’espace de discussion ce soir-là, avant lui, alors que n’avait absolument pas été le cas, et de la mettre en balance avec la Traite de Noirs. Une intervention fort significative, en la revoyant avec le recul du temps !
    Le problème de Dieudonné : ses sources
    http://centpapiers.com/wp-content/uploads/Dieudo-KKK-2f5f4.jpg
  • Les sources de Dieudonné l’anti américain ignorent rotalement les juifs français négriers et ne citent qu’un portugais émigré aux Etats-Unis : ça n’a rien d’étrange car ses sources sont avant tout américaines comme on vient de le voir, et sont issues de sites néo-nazis essentiellement. On retrouve facilement en archives une émission de radio américaine sur le thème, en date du 2 mai 2006. Elle s’intitule « Roots of Anti-Semitism – Jewish Domination of the Slave Trade » et le héros de l’histoire est justement Aaron Lopez. C’est celle enregistrée par David Duke, qui n’est autre que le leader… du Ku-klux-klan ! (2) Le 30 janvier 2005, il avait déjà disserté sur le net sur le sujet, avec le même exemple comme « juif négrier ». En France, étrangement, on retrouvera en priorité le même « héros » américain et non des exemples bordelais ou nantais chez Roger Dommergue Polacco de Ménasce. Qui ne fait pas que recopier à vrai dire une littérature de sites nazis. : car il cite aussi des sources européennes. Dommergue étant surtout… un énième révisionniste et un parfait négationniste de la Shoah, partisan lui aussi de l’esclavage arabo-musulman, autre tarte à la crème ; et adepte et lui aussi de la médecine naturelle… et du nazisme, encensé ici par ses soins (c’est pire encore que du Reynouard ; et c’est tout simplement honteux et épouvantable de tels propos, prononcés sur une radio québecquoise, toujours disponibles sur You Tube !). Car « Roger Dommergue considère que les juifs sont des malades glandulaires victimes de la pratique rituelle de la circoncision au 8e jour, leur octroyant une psychologie particulière qui serait la cause majeure de diverses tragédies vécues par cette communauté » peut-on lire chez ses défenseurs. Ahurissant, compètement ! Lui-même encensé sur Agoravox TV par Johan Livernette, autre ‘bouffon’ du web, boxeur chrétien, ancien rédacteur sportif à la Marseilaise, rédacteur pour le journal « Bleu Marine » (rien à voir avec la fille LePen) qui rend la franc-maçonnerie et les juifs de tous les malheurs du monde (un thème relayé bien sûr par le FN). On nage en plein marigot fascisant !
    La négation… des sources.
    Ce problème des sources, il n’est pas le seul à les avoir. Dans sa liste anti-sioniste des européennes de 2009, dieudonné a recruté en numéro 17 un homme se présentant à gauche, tendance libertaire. C’est le seul du lot semble-t-il, qui penche de ce côté (avec une syndicaliste de SUD). La garantie de gauche de l’artiste ? Présenté comme « Sébastien Ducoulombier, 36 ans, militant altermondialisme et décroissance ». En fait c’est un informaticien d’Arcueil, auteur de sites plutôt mal fagottés (voir le sien Iceberg911) et un des piliers de ReOpen, fondé en 2006 par Alix Dreux-Boucard, dit Atmoh, membre par ailleurs de Jeudi Noir, et ouvertement fan lui de… François Bayrou. Ducoulombier, alias Yves Ducorneau, alias YvesDuc (http://www.iceberg911.net/yvesduc-I.html), qui avait ainsi répondu séchement à quelqu’un l’ayant repéré sur la fameuse liste aux antisémites notoires :« militant de gauche et anti-raciste, quelle ne fut pas ma surprise de me voir dépeint, dans un article anonyme paru il y a quelques temps sur Internet, comme membre de l’extrême-droite et antisémite. L’article s’appuyait sur une suite de faits tronqués et déformés, sinon carrément inventés, et révélait ce faisant une intéressante atmosphère de panique chez les adversaires de l’association ReOpen911« . Une colère qui aurait pu s’expliquer autrement, notre bloggeur et forumiste assidu étant venu, notamment sur Agoravox défendre son idole médiatique, à savoir Dieudonné en des termes plutôt dithyrambiques à son égard : « depuis un sketch joué à la télévision et qui mettait un scène un colon israélien hystérique, Dieudonné a été plusieurs fois la cible de plaintes en Justice essayant de modifier le sens de ses propos. L’humoriste, parfois maladroit dans la forme mais toujours pertinent dans le fond, prête le flanc à ce genre de manoeuvre. Ainsi, lorsqu’il exprime sa vision universelle et égalitaire de l’homme par le fameux « Pour moi les juifs, c’est une secte, une escroquerie », s’inscrivant ainsi dans la tradition française des Lumières, c’est l’occasion pour ses adversaires de l’accuser… d’antisémitisme. Lorsque Dieudonné qualifie l’exploitation de la Shoah de « pornographie mémorielle », un site d’information partisan du statu quo en Israël tronque la citation et affirme que c’est la Shoah qui a été qualifiée (et non son exploitation). Là aussi, de nombreux médias reprennent sans vérifier « . Le hic c’est qu’on les avait vérifiés ces dires, et qu’il fallait bien constater que Dieudonné s’en était pris à la fois à la Shoah elle-même et à sa médiatisation, ce qu’il avait fait à plusieurs reprises ailleurs. Et que l’antisémitisme comme preuve de l’esprit de Voltaire, celle-là elle sortait de loin ! Jouer sur les mots étant le propre de ceux en manque d’argumentaire. Les partisans de Dieudonné n’utilisent pas les bonnes méthodes pour convaincre, et là c’était flagrant.
    C’est cela la gauche altermondialiste ?
    Manque d’arguments, c’est ce qu’on retrouve chez notre numéro 17 de liste, qui constuerai donc de prime abord  »l’excuse » d’extrême gauche de Dieudonné. Or notre « gauchiste » a été suivi par des personnes soucieuses de ne pas mélanger tous les faits (afin de ne pas prêter aussi à la critique facile concernant le 11 Septembre), et il a été pris en flagrant délit d’aller visiter la conférence de Jacques Kotoujansky dans le fief même de l’extrême droite parisienne : dans le fameux « Local » de Serge Ayoub, et l’avoir raconté sans honte aucune dans un forum. Ducorneau ayant lui-même déjà écrit dans le site Vox.nr, présenté on le sait comme «  national-révolutionnaire » (le site a offert en 2009 une tribune à Dieudonné). Or, en plus de l’endroit, le choix du conférencier correspond mal à l’homme de gauche qu’il prétend être. Difficile de prendre le médecin obstréticien comme étant un homme de gauche, ce jour-là, pourtant, dans le fief des nazillons français d’Ayoub ! Ancien MPF de Philippe de Villiers, puis Rassemblement pour l’Indépendance de la France (RIF) de Paul-Marie Coûteaux pour passer ensuite chez Nicolas Dupont-Aignan (« Debout La République »), ce bon docteur Kotoujansky est également membre du comité sur la santé du Front National ! Mais celui qu’est allé écouter notre militant « de gauche » qui n’imagine pas une seule seconde un Dieudonné antisémite, a une autre corde (douteuse) à son arc : selon la journaliste Claire Checcaglini, l’inflitrée du FN, Kotoujansky est aussi celui qui nie aussi farouchement l’existence des chambres à gaz ! Un Kotoujansky possédant un site internet au look qui en rappelle fort un autre… C’est à France Culture qu’il convient d’aller écouter Checcaglini pour s’apercevoir de ce que représente Kotoujansky :  »lors du repas de gala interdit à la presse à l’occasion des universités d’été du FN, Claire « Checcaglini a également pu converser avec Jacques Kotoujansky, qui a participé à la rédaction du programme de Marine Le Pen, mais qui a surtout eu une révélation en lisant les écrits révisionnistes de Robert Faurisson. – Mais les six millions de morts, c’est faux, récemment j’ai lu les écrits de Faurisson, j’ai eu une révélation. Robert Faurisson est allé sur place, il a tout vérifié, et il est impossible que six millions de personnes aient été tuées. Je peine à manger tant la discussion m’écoeure. Enfin, Sylvain proteste : « Mais la famille de mon grand-père, elle y est restée, ils sont tous morts à Auschwitz. » Le médecin révisionniste refuse d’écouter, il est en boucle. Lorsque Marie-Christine Arnautu, la vice-présidente du FN a été avertie des propos révisionnistes tenus, aucune sanction n’a été prise, rien n’étant public : « Bonjour, Si j’avais eu le moindre doute sur l’orientation de cette personne, elle ne serait jamais intervenue à notre colloque. Il est évident que jamais je ne l’ai entendu proférer ce genre de choses. Mais je n’ai échangé avec Jacques Kotoujansky que sur l’aspect “santé”. » Il n’y a pas : dès qu’on touche au sujet, on se protège, au FN. Les procès de Jean-Marie, ça suffit semble être le nouveau mot d’ordre de la maison…
    http://centpapiers.com/wp-content/uploads/ducourneau_ayoub-133fa.jpg
    Dans son commentaire, où JMLP est salué, « l’homme de gauche » se félicite de la salle d’Ayoub, « avec un bar très bien aménagé comportant même une petite bilbiothèque« …. voici ce que d’autres (de gauche) y avaient vu dans cette bibliothèque   »le Local, qui d’après des propos recueillis par le journal StreetPress pour sa la carte des droites nationales et radicales à Paris assure «On y trouve entre autre une belle affiche du spectacle de Dieudonné, une bibliothèque riche en ouvrages sur le « pangermanisme » ou le « nationalisme-révolutionnaire ». Et on y croise surtout un tas de gens venus participer à des causeries, des conférences, des dédicaces…Certains appartiennent à des cercles vaguement plus « mainstream » ou du moins pas aussi grossièrement étiquetés bourrins-nazis. »… Ce même militant « antiraciste » affichant dans ses posts des liens vers Mondialisation.ca, Alter-Info, le Réseau Voltaire, Jean-Pierre Petit ou Altermedia.info, ce dernier souvent cité en anglais, ou la chaîne Al-Manar, la chaîne du Hezbollah où l’on retrouve le pilier de ReOpen, j’ai nommé Thierry Meyssan. Altermedia-Info, un site dont la version d’origine a été créée par… David Duke, ex responsable du Ku-Klux-Klan et très actif sur le net (on le trouve chez Rense.com autre site fascisant, par exemple). Il est impossible, quand on se prétend militant engagé « anti-raciste » d’ignorer qui a fondé le site et qui est lui-même David Duke. Même dans Wikipédia, c’est noir sur blanc à la page « Altermedia »  : « Altermedia.info (parfois abrégé en AMI) est un blog se réclamant du courant « nationaliste-révolutionnaire », orienté à l’extrême droite de l’échelle politique, reconnu entre autres pour ses idéologies antisémites, anti-immigration et homophobes, et dont la devise est « En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire », citation de George Orwell, l’auteur de 1984. Altermedia est dirigé par l’américain David Duke, ancien représentant d’État de la Louisiane« . Le nom Duke renvoyant ici. Or voici ce qu’a répondu dans son argumentaire de défense notre »Yves Duc » Ducoulombier :  »avec une constance méritoire, l’article anonyme tente encore de me relier à l’extrême-droite au motif d’avoir voulu relayer un article de David Duke, décrit par l’article anonyme comme d’extrême-droite. J’ignore qui est David Duke mais l’article en question était factuel et ne contenait aucun propos pernicieux. L’une de ses informations principales provenait notamment d’un journal israélien tout à fait sérieux, le Haaretz ». Le « j’ignore qui est David Duke » démontrant par l’exemple à quel point l’esprit de Dieudonné à pu envahir ses propres troupes. Dans Agoravox, Duc(oulombier) avait également eu cette phrase sidérante : quand Dieudonné avait répondu en Suisse à une insulte par  »représentant d’un « puissant lobby de youpins sionistes [...] voleur, raciste et menteur »,, il avait cru bond d’ajouter « ce qui entre parenthèses n’insulte pas les Juifs mais un lobby ». Acceptant de fait le mot… « youpin » ! Sidérante démonstration ! Ce serait ça la « gauche » représentée sur la liste du comique ? Il y a de quoi en rire, effectivement si ce n’était plutôt tragique !
    Aucune connaissance historique sérieuse
    http://centpapiers.com/wp-content/uploads/Delgres_timbre-dc699.jpg
  • Les connaissances historiques du même comique sur la question tiennent sur un timbre poste, ça se lit (3). Chez Dieudonné, qui parle souvent du cancer (à le souhaiter parfois ses pires ennemis) les « juifs négriers » « expulsés » par Louis XIV l’avaient été pour « introduire une dimension chrétienne » dans les pratiques esclavagistes, les Juifs ayant, selon Dieudonné, pour habitude (à la différence des chrétiens, donc) « de castrer les mâles », et « de jeter les enfants à l’eau ». Depuis L’inquisition on a rarement lu autant de sottises ; Dieudonné reprenant le thème du juif satanique, un thème re-développé on le sait par les nazis. Car c’est là où le bât blesse chez lui : quand on découvre ses sources, toutes américaines, le dénommé Aaron Lopez figurant dans tous les sites néo-nazis ou hitlériens américains. Antisémites français issus d’une écologie charlatanesque ou des nazis américains, notre « anti-sioniste » déclaré a de bien mauvaises lectures, décidément. Un comique devenu clown sinistre, déclarant dès 2003 sur Blackmap.com que «  Je pense que le lobby juif déteste les noirs ! Etant donné que le Noir dans l’inconscient collectif porte la souffrance, le lobby ne le supporte pas, parce que c’est leur business ! Maintenant, il suffit de relever sa manche pour montrer son numéro et avoir droit à la reconnaissance. » Allusion infecte à la pratique du tatoutage dans les camps de concentration. Exactement les idées de Monder Sfar, encore une fois remontées à la surface du glauque ! Un Dieudonné associant pseudo histoire et problémes personnels de show-biz : http://centpapiers.com/wp-content/uploads/banques_et_spectacle-20f26.jpg
  • « Ce sont tous ces négriers reconvertis dans la banque, le spectacle et aujourd’hui l’action terroriste qui manifestent leur soutien à la politique d’Ariel Sharon. Ceux qui m’attaquent ont fondé des empires et des fortunes sur la traite des noirs et l’esclavage (…) c’est Israël qui a financé l’apartheid et ses projets de solution finale » (dans un texte en date du 8 février 2004 dans lle Journal du Dimanche)… Louis Sala-Molins, avec lequel Dieudonné aurait commencé à rédiger le scénario de son projet  »Le Code Noir », exhumé par l’historien, lâche l’éponge à partir de là. Dieudonné n’a rien inventé, et l’historien qui a retrouvé le terrible document il y a 25 ans ne peut aller plus loin avec lui en entendant ces propos outranciers. Dieudonné à gâché une très belle idée, celle de remonter à la surface un pan terrible de notre histoire, par ses excès. Un Sala-Molins aujourd’hui néanmoins très critique avec le mémorial de l’abolition de l’esclavage inauguré récemment à Nantes. L’historiographie de la traite des noirs, sujet resté trop longtemps tabou, est récente, ainsi on peut définir que sur Bordeaux, le premier historien à travailler sur le sujet est Éric Saugera, auteur de « Bordeaux, port négrier : chronologie, économie, idéologie, XVIIe???XIXe siècles », qui n’est publié qu’en 1995. Visiblement, Dieudonné n’a rien retenu de ces deux historiens, ni de l’Histoire en général d’ailleurs. C’est bien ce qu’en dira un autre humoriste, Guy Bedos, qui avouera l’avoir applaudi à ses débuts, pour constater sa « maladresse » progressive et surtout son manque évident de connaissances sur la question ! Interviewé sur Telesud, il dit (voir à 13’20) « qu’il n’en a rien à foutre de la seconde guerre mondiale »…
    La liste de Dieudonné
    http://centpapiers.com/wp-content/uploads/blog_-interdit_aux_juifs-11053.jpg
  • Un Dieudonné désormais équipé d’œillères, incapable de discerner ses propres erreurs en en faisant la panacée habituelle des antisémites sur les « juifs dans les médias » :   »La population juive, par exemple, n’aime pas que je dénonce certaines de leurs manipulations médiatiques (…) D’où viennent toutes ces pressions, si ce n’est de ces gens que j’accuse d’avoir organisé un lobby très puissant et d’avoir la main basse sur tous les médias ? » (en janvier 2004 au magazine musical The Source). A ce moment là, en France, on avait vu fleurir sur le net une immonde liste d’hommes et de femmes de médias tous juifs : un texte issu d’officines d’extrêmes droite ou de type nazies. Imitant leurs anciens collègues pendant la seconde guerre : de la dénonciation pure et simple, ce qui avait été avait dit Robert Paxton un des sports favoris des français durant la seconde guerre mondiale. La liste avait abondamment été relayée par le FN, ou ses anciens cadres, comme celui du site TSS (Tout Sauf Sarkozy), un site antisémite notoire. ayant à sa tête ancien responsable du Front national passé par le RPR, Michel Schneider. Un homme au parcours lui aussi flagrant. Jeune, il s’était inscrit à la Fédération des étudiants nationalistes de Nice, puis, au mouvement Occident et au Mouvement jeune révolution un peu plus tard à à Aix-en-Provence. L’homme avait en 1974-créé une revue, les Cahiers du CDPU (Centre de documentation politique et universitaire) qui était d’inspiration ouvertement néofasciste, faisant régulièrement allusion à Doriot. Il s’inscrit dans la mouvance du Mouvement Solidariste Français, patchwork degroupes hétéroclites. Ironie du sort, Schneider a aussi été le collaborateur direct de Jean-Pierre Stirbois, le numéro 2 du parti, après avoir été en 1980 l’adjoint de Michel Aurillac, le député de l’Indre délégué national du RPR pour la défense. C’est aussi le fondateur en 1981 du Club 89… avec Juppé  !!! Dieudonné, déjà réduit à utiliser les armes de ceux qu’il combattait jadis ?
    Des emprunts aux négationnistes issus du FN
    Dieudonné a-t-il emprunté à celui qui était dans l’ombre du mari de son adversaire politique à Dreux ses idées sur le « lobby sioniste », avec son site dédié au représentant de « l’axe de la haine américano-sioniste » ? On peut aisément le croire en effet à lire la biographie de Schneider : « Jugeant la ligne lepéniste trop atlantiste et libérale, il passa ensuite au RPR, où il devint un collaborateur d’un think tank néogaulliste, le Club 89. Revenu ensuite à l’extrême droite, il fonda au moment de la première guerre du Golfe la revue Nationalisme et République, qui a publié nombre d’articles propalestiniens mais aussi négationnistes (signés Roger Garaudy et Pierre Guillaume) et qui déclencha une polémique pour avoir diffusé dans la région marseillaise, à la même époque, un tract en arabe appelant les immigrés et les Français d’origine maghrébine à se mobiliser contre le « lobby sioniste ». Son ancrage à l’ultradroite est d’autant plus certain qu’il fut un acteur important du rapprochement entre certains secteurs de l’extrême droite française et les milieux « rouges-bruns » russes puisque, séjournant fréquemment en Russie (il est fan d’Edouard Limonov) , il a notamment été le témoin direct du putsch nationaliste manqué de Moscou en août 1991. Michel Schneider affirme en outre avoir été le conseiller épisodique de Le Pen jusqu’en 2006 (? ??).La présence sur le site Tout sauf Sarkozy de textes antisionistes radicaux, voire à connotation antijuive, repris (de manière autorisée ou non, c’est encore une autre question) d’autres sites Internet d’extrême gauche ou islamistes ne prouve rien d’autre qu’une évidence connue : il existe, à droite du FN, une mouvance groupusculaire glauque qui peut se reconnaître à la fois dans les écrits de son propre camp, dans ceux d’un disciple de Noam Chomsky comme Jean Bricmont et de nationalistes arabes comme René Naba. Cela peut s’appeler la nébuleuse « rouge-verte-brune » et cela existe depuis plus de trente ans. Cela n’est nullement la gauche ». Dans la revue N&R, on trouvait en effet une belle brochette d’agitateurs d‘extrême droite : Christian Bouchet (proche d’ Unite-radicale et le collaborateur de National-HebdoMinuteRivarolNations presse magazineEurasia) Thierry Mudry (avocat au Barreau de Marseille identitaire, spécialiste de la Bosnie-Herzégovine), Christiane Pigacé-Mudry (ce n’est autre que la femme de l’avocat Gilbert Collard, elle aussi au FN, et ce, bien avant lui (4) !), Robert Steuckers (un flamand du GRECE, puis du membre du Vlaams Blok et du mouvement Nation) Jean Thiriart (condamné à trois ans de prison à la Libération pour avoir créé les Amis du Grand Reich allemand, et le fondateur du mouvement néo-nazi Jeune Europe qui soutiendra l’OAS). Un positionnement radicalement  »à droite du FN« , écrivait Libération, où désormais l’humoriste présenté jadis comme étant de gauche puisait désormais son inspiration !
    Un négationnisme rampant et dangereux
    http://centpapiers.com/wp-content/uploads/trvianan-11ca2.jpg
  • Car c’est bien le vocabulaire employé par Dieudonné, et ses emprunts visibles chez les fascisants, qui est la clé du système, celui d’un négationnisme qui se présenterait comme « respectable » note le très vigilant Pierre Tevanian : « Mais ajoutons immédiatement que ces extrémistes sionistes ne sont ni les seuls ni même les principaux responsables de l’occultation du tort fait aux Noirs. C’est sur ce point que le discours de Dieudonné commence à dériver : dans la surestimation de leur pouvoir de nuisance – surestimation qui aboutit à une focalisation sur un « unique responsable », autrement dit sur un bouc émissaire, qui rappelle les pires stéréotypes antisémites – et cela d’autant plus que Dieudonné a parfois glissé de « sionistes » à « juifs », et même « les Juifs » Au-delà du cas de Dieudonné, c’est là que commencent souvent les dérives : dans l’idée simpliste et mécanique selon laquelle le trop peu de place occupée par la souffrance des Noirs dans la mémoire nationale, dans les programmes scolaires et dans les consciences antiracistes serait dû au fait que « les Juifs prennent toute la place ». En réalité, tout s’oppose à cette vision simpliste : on parlait très peu de la Shoah dans les années 50, 60 et 70, que ce soit dans les films, dans les médias, à l’école, dans les discours politiques… Pour autant, parlait-on davantage de l’esclavage des Noirs, du génocide arménien ou des crimes coloniaux ? Non. On en parlait même encore moins qu’aujourd’hui. L’esclavage a été aboli définitivement en 1848 ; jusqu’à 1940, il s’est donc passé un siècle avant qu’ait lieu la Shoah. Au cours de ce siècle, il n’y avait aucune « mémoire de la Shoah » pour « occuper la place », et pourtant la mémoire de l’esclavage a été totalement occultée. La vérité, c’est que la reconnaissance des différents crimes ne fonctionne pas par vases communicants : parler plus de l’un ne signifie pas nécessairement parler moins de l’autre ; on peut parler beaucoup de tousles crimes à la fois (c’est ce vers quoi il faut tendre : continuer de parler beaucoup de la Shoah, commencer à accorder la même place à l’esclavage et aux autres crimes contre l’humanité) comme on peut ne parler d’aucun (c’est un peu la situation qui régnait en France dans les années 50) ». Si Dieudonné a raison de dire que la mémoire de l’esclavage a été largement occultée (au quel cas il aurait dû aussi déchirer les quelques phrases des livres de Nathan sur la question !), cela ne suffit pas pour en rejeter la faute… sur les juifs nous dit Tevanian : « en d’autres termes, la condamnation de la « concurrence des victimes » est nécessaire, mais elle reste insuffisante. Elle demeure largement incantatoire et d’une efficacité toute relative tant qu’on ne reconnaît pas l’existence et les ravages d’une réelle hiérarchie des victimes, qui précède les déclarations de Dieudonné, et dans laquelle ces dernières prennent racine. S’il est inacceptable d’en faire endosser la responsabilité aux Juifs, il n’est pas tenable d’en nier l’existence et de croire que c’est Dieudonné qui l’invente ou la génère. »
    « Salmigondis » véhiculant « la vieille thèse du complot juif »
    http://centpapiers.com/wp-content/uploads/Unknown-3-5-a4f20.jpg
  • La conclusion la plus claire qui soit sur l’épisode Traite des Noirs chez Dieudonné, c’est Michel Tubiana, dirigeant La Ligue des Droits de l’Homme que Dieudonné a insulté à plusieurs reprises, qui la donne : « ses prises de parole sont l’expression d’un invraisemblable salmigondis intellectuel. Mais, au-delà de cette confusion, ses discours s’inscrivent dans une période marquée par la concurrence des victimes. De façon caricaturale, Dieudonné tente d’instaurer une hiérarchie entre les victimes. Le personnage atteint un niveau de paranoïa antisémite totalement intolérable. A l’entendre, il existe une responsabilité collective des juifs non seulement dans l’esclavage mais aussi dans les difficultés que lui, Dieudonné, éprouve pourtourner un film sur ce thème. Sous prétexte de mémoire, il véhicule la vieille thèse du complot juif. » On ne peut dire mieux en effet. Mais on n’en a pas encore terminé avec lui : la suite demain, si vous le voulez bien.
     
    (1) Fernand Braudel en est le pionnier en écrivant au sein de l’école des ‘’Annales’’ créées par Marc Bloch et Lucien Febvre. Deux ouvrages monumentaux le précisent  : ‘’la Méditerranée’’ sorti dès 1949 et ‘’la civilisation matérielle’’ imprimé en 1969, que tout enseignant digne de foi ne peut ignorer : « le pillage de sa ressource humaine est la seconde caractéristique de l’Afrique. Elle sert de réservoir humain pour le développement du monde tant occidental par le commerce triangulaire qu’oriental à travers l’esclavage vers les pays de l’est du monde. Le commerce triangulaire voit ponctionner les forces vives de l’Afrique. http://centpapiers.com/wp-content/uploads/braudel-3bd2b.jpg
  • De 1000 à 2000 personnes par an au XVI ème, le chiffre atteindra au XIX ème 50 000 par an. En tout l’Afrique perdra vers l’ouest (vers les Amériques) près de 15 millions d’individus en l’espace de 450 ans. Mais l’esclavage n’est pas le seul fait des européens.L’hémorragie humaine continue par le nord et l’est. Les pays arabes du fait de leur pauvreté démographique ont besoin pour se développer de main d’oeuvre. Ils vont la chercher au plus près. Au XVIII ème et au XIX ème siècle des caravanes de près de 18 000 esclaves se rendent dans les pays arabes. En 1830 le sultan de Zanzibar perçoit des droits sur la traite de 37 000 esclaves » (à noter que dès 1949 Braudel avait évoqué ce ce que des extrémistes islamophobes mettront à nouveau en évidence en l’analysant totalement différemment, minimisant l’aspect économique, preuve qu’ils ne comprennent rien à l’histoire !). « Au – delà de l’aspect humain dramatique, ces terribles chiffres marquent le début d’un retard économique. La traite des hommes n’existe que parce que la population est nombreuse et en augmentation. Les chiffres des hommes déportés le montrent, ils sont en constante augmentation. Cela laisse supposer qu’à cette époque (du XVII ème au XIX ème ) l’Afrique connaît comme l’Europe une expansion démographique. La faiblesse de la démographie n’a pu amener à la fin de la période esclavagiste un décollage économique de cette région. La traite des noirs s’arrête au moment ou l’Amérique n’en a plus besoin et ou l’émigrant européen prend le relais. Sans affirmer que la traite en direction de l’Amérique a été plus humaine que celle dirigée vers le Moyen Orient. On ne peut nier qu’en Amérique la population noire constitue un noyau vivant de la civilisation américaine alors qu’elle a totalement disparu du monde Islamique. Pire encore elle n’y a laissé aucune trace visible dans la civilisation orientale. »
    (2) David Duke possède une adresse en Syrie. Le 24 novembre 2005, Duke visite Damas en Syrie dans le cadre d’un événement organisé par le gouvernement, au cours duquel il déclare que « les Etats-Unis sont occupés par des Juifs qui contrôlent les médias et la banque » au même titre qu’Israël occuperait le Golan. Il concluait : « votre combat pour la liberté et le même combat que le nôtre ». Le membre du parlement Mohammed Habash déclare à la suite de la visite de David Duke, qu’elle a donné aux Syriens « un nouveau regard extrêmement positif du peuple américain »
    (3) Extrait de la page Wikipedia, sur Bordeaux : « Selon l’historien Éric Saugera, entre 1685 et 1826, 186 armateurs bordelais ont participé directement à la traite négrière avec plus de 508 expéditions. Parmi ces négriers, la majorité soit 105 maisons ont organisé une seule expédition et une minorité a organisé plus de 10 expéditions. Les grandes maisons bordelaises à avoir atteint ou dépassé les 10 expéditions sont par ordre décroissant : famille Nairac avec 25 expéditions, Jacques-Alexandre Laffon de Ladebat pour 15 expéditions, Isaac Couturier avec 14 expéditions, Jean Senat avec 11 expéditions, Jean Marchais pour 11 expéditions, famille Gradis avec 10 expéditions et Dommenget avec 10 expéditions Paul Nairac possédera une flotte de quatre navires, dont trois navires négriers et deux raffineries dans le quartier Sainte-Croix. L’historien Jacques de Cauna a retrouvé comme propriétaires aux îles les noms du grand négoce bordelais, négriers ou non :« Testard et Gachet, Viard, Journu, Mesplès, Blancas, Agard, Laffon de Ladébat, Schröder et Schyler, Romberg et Bapst, de Kater [...] Balguerie, Clarac, Bonnafé, Nairac, Guestier,  Les familles de parlementaires suivent : Ségur, Poissac, Lalabde, Dubergier de Favars, Dupaty, Gobineau » Normalement, en vertu du code noir, les Juifs ne pouvaient pas posséder des têtes aux colonies. Mais David Gradis, surnommé le « roi juif de Bordeaux », grâce à l’autorisation de Louis XIV pour services rendus, acquit la propriété Prunes en Martinique (avec la famille bordelaise Bethmann) et reçut d’un de ses débiteur une propriété de Saint-Domingue ».
    (4) Dand un article sur le livre  » Le Vrai Gilbert Collard : Mission « casse-couilles démocratique«  de Frédéric-Joël Guilledoux, Laurent L’Ancon nous éclaire sur le cas Collard et sa femme (de son nom Christiane Pigacé-Mudry), en fait l’ex femme de son collaborateur Thierry Mudry et tête pensante du FN depuis longtemps.  »En revanche, Gilbert Collard n’a guère d’inquiétudes sur le fonctionnement interne de sa petite entreprise. Il sait qu’il pourra s’appuyer sur un de ses associés qui au fil des années est devenu son bras droit, Thierry Mudry. Lequel risque peu d’être troublé par son engagement auprès de Marine Le Pen. Né en 1959, inscrit au barreau de Marseille depuis 2003, il présente en effet un profit inhabituel : à ta fin des années 1970, il apparaît comme un des principaux animateurs de la branche « jeunes » du Parti des forces nouvelles (PFN), qui était alors en lutte avec le Front national pour prendre le leadership de l’extrême droite. Il est ainsi trésorier du Front de la jeunesse association qui a pour but officiel de « rassembler les jeunes nationalistes afin de combattre le marxisme et le libéralisme ». En charge du service d’ordre, il encadre des manifestations musclées : « Ça se terminait souvent en bagarres, avec des arrestations », s’amuse un ancien des Renseignements généraux. Si le PFN entre en sommeil au milieu des années 1980, Mudry s’implique à Marseille dans une de ses résurgences, notamment lors d’une manifestation devant le consulat de Grande-Bretagne à laquelle participe le tout jeune Fabrice Robert, aujourd’hui président du Bloc identitaire ». L’ex mari de la femme de Collard est un vieux militant du FN en fait, comme l’est sa propre épouse :  »Jusque dans les années 1990, le futur collaborateur de Gilbert Collard continue à s’agiter dans une myriade de groupuscules d’extrême droite. Marié à Christiane Pigacé, enseignante à l’IEP d’Aix et candidate en 1988 sous les couleurs du FN dont elle est membre du « conseil scientifique », il est notamment un des responsables de l’Alliance régionaliste de Provence et du Forum Provence nationaliste qui servait de boîte aux lettres à un fanzine skinhead (c’est « Neuvième Croisade » de Hervé Guttuso). Avec le temps. Thierry Mudry s’est toutefois retiré de l’action de terrain pour se consacrer à des travaux plus intellectuels : après avoir été le rédacteur en chef d’un bulletin confidentiel baptisé « Le Partisan européen », il participe à plusieurs numéros de « Nationalisme et République », une revue plus ambitieuse fondée par l’ncien attaché parlementaire de Jean-Pierre Stirbois. Comment Collard et Mudry se sont-ils rencontrés ? Tous deux évoquent des « relations amicales » nées au cours d’actions humanitaires durant la guerre de Bosnie »… De fait, en juin 1993, leurs épouses créent Bosnia, une association de femmes qui veulent venir en aide aux blessés de l’offensive serbe. C’est sans doute à ce moment-là que le couple Mudry-Pigacé propose à l’avocat d’intervenir lors de la première université d’été de la FACE, la Fédération des activités communautaires en Europe, qui doit rassembler quelques semaines plus tard à Aix plusieurs théoriciens d’extrême droite. Si Gilbert Collard fait finalement faux bond, ce rendez-vous dont Thierry Mudry et Christiane Pigacé étaient les chevilles ouvrières comptera : c’est en effet à cette occasion que se structure « l’amicale paneuropéenne » Synergies. Animée par des dissidents du GRECE comme le Belge Robert Steuckers, elle publiera jusqu’en 2004 dans une revue puis sur internet nombre de travaux qui ont depuis nourri les évolutions du Front national. »


    http://centpapiers.com/wp-content/uploads/9o_Croisade_1991-8e356.jpg
  • PS : sur Guttoso on trouve ça chez Reflexes :  »ses études terminées, fin 1992, il décide de partir aux États-Unis où il est accueilli par Ed Wolbank. Celui-ci le fait profiter des contacts et de la structure d’une organisation skinhead dénommée Northern Hammer Skin (NHS), qui se développait alors dans tous les États-Unis. C’est ainsi qu’en janvier 1993, Guttuso participe à Pulawski à un meeting du KKK, dont il fait un compte rendu publié dans L’Empire invisible, la feuille d’infos de la branche française du KKK. Née dans le sud des États-Unis, la NHS est une organisation visant à coordonner les différents groupes de skins qui se sont développés, fournissant ainsi de nouveaux militants aux groupes du KKK et aux partis néo-nazis américains. L’influence du NHS dépasse bientôt le cadre des États-Unis. Guttuso se charge alors de créer la branche française qu’il baptise Exiled Charlemagne Hammer Skin (ECHS) : exilée puisque pour l’instant basée aux États-Unis, Charlemagne en souvenir de la division SS composée de Français. En France, c’est un de ses contacts qui se charge de la créer. Il s’agit d’un skin de Nogent-sur-Marne, Alain Dieni, qui édite le skinzine « Extermination totale ». Manque de chance, Dieni est arrêté en août 1993 à Villepinte avec deux autres skins (Xavier Bourdin du PNFE et Éric Petitberghien), avec dans leur voiture deux pistolets à grenaille, des grenades d’exercice et une centaine d’autocollants du NSDAP-AO de Gary Lauck. La tentative d’implanter le Charlemagne Hammer Skin en France tourne donc court, mais entre temps,Guttuso a doté le CHS d’une revue intitulée « Terreur d’Élite », au contenu violemment antisémite et destinée à diffuser en France les thèses des groupes suprémacistes blancs ». Guttoso à son retour se mettra en relation avec les skins du Havre… ceux des amis d’Ayoub !