02 - La descente aux enfers de Dieudonné

Publié par jean jean

      Nous avons vu hier que le comique Dieudonné, au seuil de son début de nouvelle carrière en solo, s’était résolument rangé du côté des idées de la gauche, politiquement, en défilant notamment à plusieurs reprises à côté de comités de sans-papiers. Mais très vite, certains avaient senti chez lui une attitude politique plutôt confuse, notamment à Sarcelles, dans le Val d’Oise, où il s’en était pris oralement à plusieurs reprises au candidat du PS, à savoir Dominique Strauss-Kahn. Sa venue sur place comme candidat en avait étonné plus d’un. Pour beaucoup, c’était Dreux son fief et non cette banlieue ou il avait fait connaissance de soutiens nouveaux, dont un qui allait vite devenir un véritable boulet dans sa carrière. A l’époque, le port du voile soulève les passions, et le débat sur la laïcité républicaine commence à faire jour. L’Islam fait peur à certains, notamment à la droite classique, mais aussi à d’autres, y compris à gauche, car chez lui des leaders extrémistes poussent visiblement à la roue en mettant en avant la charia. En politique, ce qu’ils préconisent, à savoir la prééminence de la religion dans la vie, va à l’encontre de l’esprit républicain. C’est l’esprit de 1905 (Dieudonné en fera un spectacle pour en saluer le centenaire en 2005) qui se retrouve attaqué et bafoué. Et parmi ceux-ci, l’un des plus virulents et des plus vindicatifs devient le soutien effectif de Dieudonné. Or l’homme n’a pas comme bagage une foi débordante. Il a aussi de bien étranges idées, empruntées à des penseurs venus de loin, des pays froids. Des idées fort inquiétantes…
      L’autre référence… inquiétante
       
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    • Dans le même interview de Sarcelles évoquant Léon Bernard, vu dans l’épisode précédent (à Sarcelles où il recueillera 2,18 % des suffrages seulement, loin de son score de Dreux !), Dieudonné avait en effet cité un autre groupe politique le soutenant. Personne non plus n’avait trop cherché à savoir ce qu’il était exactement, lui non plus. Les groupuscules intéressaient peu les journalistes. Or celui là renseignait bien davantage pourtant sur la dérive politique naissante de l’humoriste, tant son fondateur était peu recommandable. Dans cette interview, à la question « N’avez-vous pas peur d’être le candidat d’une communauté ? », sa réponse avait été : « je suis noir, alors, on me fait le reproche d’être communautariste. C’est faux. J’ai reçu le soutien du Parti des Musulmans de France, qui voit en moi un moyen d’ouvrir le dialogue. J’espère recevoir l’appui des juifs progressistes. Je compte rencontrer le rabbin de la mosquée de Sarcelles (Rires.) Je ne l’ai pas fait exprès. J’aurai pu dire le rabbin de la cathédrale de Sarcelles. » La fin de l’interview moquant ouvertement le candidat… Strauss-Kahn, bien entendu, dont les origines étaient connues, car issu d’une famille juive installée au Maroc depuis 1951. D’étranges sous-entendus avaient été émis. Dieudonné avait-il déjà écouté les sirènes du leader Mohamed Ennacer Latrèche, le leader des fameux musulmans de France, pas totalement un inconnu, la création de son parti remontant à 1997 à Strasbourg ? Car Latrèche était déjà depuis un bon bout de temps un islamiste extrémiste militant, qui s’était fait connaître par ses positions intransigeantes sur le port du voile : « véritable aubaine, le projet de loi sur le voile donne l’occasion au groupuscule créé en 1997 de sortir de la confidentialité. Sur le mode de l’offensive. Organisateur des manifestations provoile du week-end des 20 et 21 décembre, juste après la déclaration de Jacques Chirac, Mohamed Latrèche – qui revendique l’identité gaulliste de son mouvement – a attaqué sur les ondes de France Bleue : « Il faut que la peur change de camp, qu’elle passe du camp des femmes voilées à celui des politiques qui font cette loi. » Interrogé sur ce propos, l’homme persiste dans sa menace. « Ce n’est pas de l’extrémisme, c’est de la politique. » Ce style d’intimidation, jouant la démagogie antipoliticienne, évoque celui du Front national. » Pas vraiment le genre à respecter la laïcité républicaine, le bougre. Et une proximité d’idées avec le Front National qui avait de quoi inquiéter, déjà. Qui aurait dû inquiéter Dieudonné !

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      L’homme avait en effet écrit dans son appel à manifester : « porter le voile est pour la femme musulmane une pratique et une obligation religieuses et ne constitue pas un simple signe religieux ou politique. C’est pour elle une partie importante de l’exercice légitime de sa religion, qui ne dépend pas du lieu où elle se trouve, que ce lieu soit un lieu de culte ou qu’il soit un lieu privé ou public. Les préceptes islamiques ne supportent pas la contradiction ni les cloisonnements dans la vie de l’individu fidèle à la pratique de sa religion. » Sur France 2, on avait remarqué que les 800 femmes voilées ce jour-là étaient étroitement « guidées » par un encadrement uniquement masculin. Une véritable déclaration de guerre à la République, et à ses principes du respect du droit des femmes, une déclaration de guerre inscrite sur des slogans affichés par les adeptes de Latrèche, attaquée au nom de « préceptes islamistes » sortis d’un chapeau de magicien des religions !

      Un bien étrange conférencier


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    • Or ce Mohamed Latrèche-là n’en avait pas seulement contre la laïcité (un autre thème pourtant soutenu à bout de bras par Dieudonné). Un visiteur effaré d’une conférence du dit Latrèche faite en 2002 à Strasbourg en était ressorti pas mal secoué, à avoir vu ce que le conférencier de pacotille avait amené comme ouvrages en libre consultation sur son étal : « Moyennant la modique somme de deux euros, on peut acquérir Le Manifeste (judéo-nazi) d’Ariel Sharon. Ceux qui n’auraient pas compris peuvent se reporter au sous-titre : « Les origines du génocide actuel des Palestiniens ». L’ouvrage, apprend-on en regardant la page de garde, est édité par Le Parti des Musulmans de France, le Parti de la France plurielle (présidé par le propriétaire de Radio Méditerranée, -Tawfik Mathlouthi le créateur de Mecca Cola (…), l’Arab Commission of Human Rights, (dirigée par l’avocat des leaders du Front islamique du Salut (FIS), Abbassi Madani et Ali Belhadj l’association pro-palestinienne radicale La Pierre et l’Olivier, et le Collectif de la Communauté tunisienne en Europe dont le président, Mondher Sfar, un universitaire au passé marxiste, vit en France depuis 1974. Au début des années 90, il a publié trois articles négationnistes dans la « Revue d’histoire révisionniste ». Il s’y livrait à une dénonciation forcenée du mythe des chambres à gaz et des prêtres de l’Holocauste qui ont élevé la mémoire d’Auschwitz au rang d’une religion (…) Cet opuscule d’une soixantaine de pages est une fausse interview d’Ariel Sharon, où l’on fait se définir le Premier ministre d’Israël comme un judéo-nazi qui se dit prêt à appliquer aux Arabes les méthodes qu’Hitler a utilisées contre les juifs. Il a été évoqué par Le Monde le 12 juin 2002 dans un article intitulé : « Un pamphlet antisémite circule dans les milieux pro-palestiniens radicaux « .http://centpapiers.com/wp-content/uploads/serge_thion-1f5fc.jpg
    • Bigre, drôle de musulman ! Et ce n’était rien encore à voir les invités de Latrèche: à ses côtés il y avait ce jour-là Serge Thion (ici à gauche), issu de la Vieille Taupe et émule de Faurisson, alors exclu du CNRS par Lionel Jospin pour… injures, menaces de mort  et négationnisme dans un texte immonde paru en février 2000 (1) , mais aussi Ginette Skandrani, présidente de l’association pro-palestinienne « La Pierre et l’Olivier » et coéditrice du pamphlet contre Sharon, exclue du parti des Verts pour avoir participé elle aussi à des manifestations négationnistes (parti dont elle a été pourtant fondatrice, elle-même s’intitulant « écologiste- anticolonialiste » et ayant déclaré que  »l’image (de Ben Laden) restera toujours comme un symbole pour la jeunesse et c’est tout ce qu’ils auront gagné » fort proche de la déclaration de l’humoriste sur le même sujet). Drôles d’invités en effet, et drôles de propos entendus sur place. Le spectateur sidéré entendra ce jour-là durant la conférence qu’à Gaza « les Israéliens emploient des balles éthniques, pour stériliser les femmes »...assez surréaliste. Voilà qui supportait la candidature de Dieudonné, pas loin déjà d’avoir pactisé avec le diable à ce moment-là. En 2007, lorsque Dieudonné se présentera aux élections présidentielles, un négationniste était venu enrichir son site de campagne  sous le nom de « Serge Noith ». Pas difficile à retrouver, qui se cachait derrière en effet : il s’agissait bien du même Thion, que Dieudonné connaissait donc bien avant 2007 ! Cinq ans au moins !

      Latrèche et ses liens très… marqués pro-nazis


      Latrèche est en réalité un prosélyte dangereux du négationnisme, ce que peut difficilement ignorer Dieudonné dès 2002, un individu qui est allé se fournir en textes du genre (dont ceux de Faurisson) sur un site internet fort particulier, tenu par Ahmed Rami, un islamiste marocain fort particulier, réfugié en Suède, fort accueillante par tradition (2) un grand ami de Faurisson, et aussi l’un des pires antisémites existants. « Faurisson n’a jamais eu le moindre commentaire sur la haine pathologique et la propagande ignoble de Rami. Au contraire, il n’a cessé de faire l’éloge de Rami depuis le début des années 1990″ pouvait-on lire… L’homme cité aurait participé au Maroc à un coup de force militaire qui avait  échoué. http://centpapiers.com/wp-content/uploads/727_marocain-85c99.jpg
    • Des militaires de l’armée de l’air avait tiré sur le 727 Royal revenant de Paris en route vers Rabat. L’avion avait vu son arrière truffé de plomb. Après s’être rangé auprès d’Oufkir, l’homme fort d’Hassan II qui le décrira comme à demi fou, mêlant assure-t-on « convictions panarabes à une une ardente foi musulmane et à un antisémitisme viscéral »; il s’était enfuit en Suède. Oufkir ayant tenté de fomenter un complot destiné à assassiner Hassan II et on l’avait retrouvé « suicidé » (ce que sa famille conteste toujours aujourd’hui). Rami s’exile juste après  en Suède où il obtient l’asile politique en se disant persécuté… par Hassan II, qui avait été visé par Oufkir. Un journal suédois démontra plus tard que pour obtenir son visa, il avait falsifié des documents. C’est le mauvais côté du libéralisme suédois, qui laisse s’exprimer à l’américaine dirons nous des avis extrémistes. Car s’il avait rejoint la Suède, et ce n’était pas un hasard, étant donné que dans le pays sévissait alors Ditlieb Felderer (ici à gauche) un antisémite et un négationniste reconnu. Rami déclarait là-bas le suivait, en déclarant à qui voulait l’entendre,  »qu’Hitler « aurait du achever son œuvre d’extermination des Juifs ! »http://centpapiers.com/wp-content/uploads/felderer-72452.jpg
    • Avec Felderer, on tombait vite dans l’ignoble comme le précise PHDN: « né en Autriche, à Innsbruck en 1942, mais résidant en Suède, Ditlieb Felderer a été témoin de Jéhovah; il est passé au néo-nazisme et à un antisémitisme délirant, de tendance paranoïaque et pornographique. Il a été plusieurs fois (1983, 1986, 1994) condamné en Suède, pourtant pays très « libéral », à de lourdes peines à cause de sa propagande de haine. Felderer s’est spécialisé dans la distribution de tracts ignobles. Par exemple, il invite ses lecteurs à envoyer des mèches de cheveux au musée d’Auschwitz « afin qu’ils disposent de vrais cheveux à montrer ». Felderer est également connu pour avoir envoyé par la poste des mèches de cheveux à des responsables communautaires juifs en Europe, en leur demandant s’ils parvenaient à identifier les Juifs hongrois gazés à Auschwitz ». Délirant, et honteux. Mais un individu à la base de la pensée Dieudonnesque des années qui vont suivre, en écrivant notamment que « depuis l’antiquité, les Sionistes ont répandu leurs pratiques, une maladie plus grave qu’une épidémie de lèpre.http://centpapiers.com/wp-content/uploads/parti-musulmans-france-8b74b.jpg
    • Ils ont ainsi apporté le chaos, la confusion, des boucheries, des cruautés et la mort à des millions de personnes innocentes. Où qu’ils commercent, le crime, la corruption, la perversion et la pornographie arrivent. Quiconque s’est aligné sur eux est finalement devenu la victime de leurs crimes et a succombé à leur satanisme. Le raciste-sioniste continue jusqu’à aujourd’hui à prostituer leur marchandise raciale, souvent sous le déguisement de l’égalité, de la fraternité et de la démocratie. En vérité leur forme de « démocratie » n’est rien d’autre [...] que la domination par des démons incarnés ». C’est de lui que vient l’amalgame juif = sioniste, que reprendra plus tard le comique devenu sinistre héraut du négationnisme; lui aussi. Cela explique beaucoup mieux l’incroyable slogan précédée par des fillettes lors des manifestations pour le port du voile à l’initiative de Latrèche ; on avait pu y lire en effet un assez ignoble « après l’interdiction du voile, à quand la déportation »… fort symptomatique des obsessions de Latrèche !!!

      Le nazisme qui venait du froid

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    • Avec Rami, devenu disciple de Flederer, Latrèche avait touché le fond. Il se fera naturellement comme ami l’islamiste pro-nazi suisse, Ahmed Hubert, qui avait été en contact avec le nazi Johann von Leers, réfugié en Egypte (grâce à la « route des rats ») un Leers ayant changé entre temps son prénom en « Omar » … Logique aussi de constater derrière Rami la présence de David Janzon, membre du « Sveriges Nationella Förbund« , un groupuscule nazi issu d’un mouvement suédois de 1915 qui s’était progressivement radicalisé. Ils fondent ensemble en 1987 une radio pro-nazie « radio-islam, qui diffuse chaque jour des extraits du journal antisémite  »der Stürme » créé à l’origine par le nazi Julius Streicher. Les propos tenus furent tels qu’ Ahmed Rami sera condamné à six mois de prison en 1990 pour incitation à la haine et diffusion d’articles nazis. Même la très libérale Suéde, en matière d’opinion, n’avait pas supporté. Parmi ces articles diffusés on trouve les inévitables faux des  »Protocoles des sages de Sion«  (encore et toujours, sorti en huit langues par Rami), le pamphlet antisémite d’Henry Ford, « The International Jew« , (réimprimé récemment par les éditions d’Alain Soral, quel hasard n’est-ce-pas !!!) des extraits des délires antisémites de Luther, ceux du leader noir américain Farrakhan (celui qui séduira plus tard Dieudonné), mais aussi « La Question juive » de Karl Marx, et également toute une liste de Juifs du pays (dans la finance, dans les médias, dans la diplomatie, procédé qui sera reconduit dans chacun des pays « importés »), plus des tonnes de caricatures antisémites et le livre d’Édouard Drumont, sur « la domination juive mondiale » avec notamment « La France Juive » (ressorti également par Soral, autre « hasard » très significatif !!). http://centpapiers.com/wp-content/uploads/Igounet_livre-715fa.jpg
    • Mais Rami n’en reste pas là. Comme le note Valérie Igounet dans son livre, il effectue aussi des appels au meurtre en France : «  Rami publie sur son site, en 1997, la version électronique d’un tract, publié et co-signé avec La Vieille Taupe, du négationniste Pierre Guillaume, prenant la « défense » de Brigitte Bardot (poursuivie pour propos racistes par la justice française!), et dont la version originale appelait au meurtre de Mouloud Aounit, alors président du MRAP, en souhaitant qu’Allah lui réserve le même sort qu’aux moutons de l’Aid, c’est-à-dire l’égorgement… »  Honteux propos, et appel au meurtre inadmissible en République ou en démocratie. Une constatation simple s’impose donc à ce moment là : Dieudonné, candidat des sans papiers où le MRAP est très actif ne pouvait pas ne pas avoir été alerté sur Rami et son diffuseur en France, Latrèche !

      Dieudonné et l’influence mortifère du FN


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    • Dieudonné ne pouvait en effet ignorer celui à qui s’en était pris Guillaume : Mouloud Aounit (décédé d’un cancer en 2012, très engagé dans la défense du droit au logement; le premier combat de Dieudonné !), justement, était venu témoigner à plusieurs reprises du rôle néfaste du FN sur les esprits de certains, lors de procès retentissants à propos de la mort de jeunes dans lesquels le parti de JMLePen, alors la bête noire de Dieudonné, avait été  fortement impliqué. Secrétaire national du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), le battant Mouloud Aounit avait en effet été partie civile au procès de Mickaël Fréminet, militant d’extrême droite. Le 1er mai 1995, en marge d’une manifestation du Front national, ce jeune militant d’extrême droite avait poussé Brahim Bouaraam dans la Seine, où il s’était noyé. Le MRAP, vigilant, avait rebaptisé aussitôt après le pont du Carrousel pont « Brahim Bouaraam ». http://centpapiers.com/wp-content/uploads/sidos_meeting-39567.jpg
    • Une plaque commémorative de bronze existe depuis, qui est régulièrement l’objet de cérémonies pour ne pas oublier. « Ce n’est pas cher payé pour une ratonnade », avait déclaré Aounit en apprenant la peine de huit ans de prison prononcée, jugée unanimement insuffisante. « Aujourd’hui, je pense aux deux enfants de Brahim Bouraam. Que va-t-on leur dire pour expliquer la mort de leur père? Contrairement à ce que laisse entendre le verdict, ce qui s’est passé n’est pas un simple fait divers, une bêtise. Brahim Bouraam a été tué parce qu’il était marocain. La justice doit être un rempart. Dans cette affaire, elle n’a été qu’un baromètre. » Fréminet avait été jugé également avec un troisième complice (David Parent). Le second, David Halbin qui militait alors à « l’Œuvre Française » (de Pierre Sidos, – ici à gauche- à laquelle s’inscrira  François d’Orcival, le rédacteur en chef de Valeurs Actuelles), affirmant qu’il y « cassait du bougnoule, du pédé« , était aussi un membre du DPS, le service d’ordre de JMLP, dans lequel figurait en « suppément » Serge Ayouv, appelé en renforts en cas de coup dur. « C’est d’ailleurs là, dans l’organisation, qu’il a appris l’insulte «menace sidaïque» notera Libération. Les meurtriers seront confondus par Laurent Caussou, alors jeune officier de carrière dans l’armée française… qui défilait ce 1er mai avec le FN ! L’atmosphère en France à cette époque était  effectivement empestée par les provocations à répétition du FN et des groupuscules sous son influence directe. La mort de Bouaraam avait été précédée en effet par celle Imad Bouhoud, tué de manière atroce par  le skinhead David Beaune, néo nazi (lire ici son passé terrifiant). http://centpapiers.com/wp-content/uploads/skins-d3e04.jpg
    • Il avait jeté le tunisien dans le port du Havre en avril 1995. Or il faisait partie d’une mouvance connue de Skinheads. Beaune avait vu témoigner à son propre procès Michel Huquet, lui même impliqué dans un autre meurtre atroce, celui de James Dindoyal, 24 ans, un Mauricien sans papiers, à qui un groupe de skin avait fait boire de force du désoxydant pour voiture : l’homme était mort dans d’atroces souffrances. Le rôle ce jour là d’un leader skinhead déjà bien connu, Serge Ayoub, n’avait jamais été clairement défini. Les deux assassins reconnus; Joël Giraud et Régis Kerhuel (alors dans le groupe Evil Skin, ici en photo à droite, un deuxième groupe s’appelant « La Zyklon Army » !) connaissant très bien tous les deux Serge Ayoub. Keruel ne faisait pas mystère de son goût pour le nazisme : partisan du «White Power», il avait baptisé son propre fils « Heinrich » !

      Présent ou pas présent sur place ?


      Un Serge Ayoub apparu en même temps que le DPS  en toile de fond dans les débats au procès des assassins de James Dindoyal. Au procès, le moins qu’on puisse dire en effet c’est que Serge Ayoub était souvent apparu en filigrane sur cette affaire. « L’enquêteur a mis en doute l’alibi de Kerhuel, soi-disant à Paris le 18 juin 1990, avec Serge Ayoub, alias Batskin: «La copine d’Ayoub a indiqué que Kerhuel n’est jamais venu à leur nouvelle adresse. Or, ils ont déménagé le 1er juin.» A l’audience, Kerhuel a juré de sa présence le soir des faits, «devant l’Elysée-Montmartre, au concert des Stray Cats». Incisif, le président Bernard Messias a contesté cet élément invérifiable, invoqué par Kerhuel au bout d’un an d’instruction seulement. «J’étais abruti par mon traitement pour les nerfs, complètement zombifié», s’est excusé le râblé au catogan qui avait retrouvé la mémoire lors d’une confrontation avec Ayoub. http://centpapiers.com/wp-content/uploads/bastkin-c615a.jpg
    • Pas fou, son idole Batskin n’avait pas confirmé ses dires précédents. Au procès, l’accusé parle d’un rendez-vous inédit avec Ayoub «en face de la Locomotive à Pigalle», sauf que Batskin lui a posé un lapin (ici il est en photo avec son groupe, agenouillé avec son molosse). Puis, acculé par la partie civile, Kerhuel a opéré une volte-face: «Effectivement, Ayoub est venu au rendez-vous, je m’en souviens maintenant, excusez-moi, j’ai la tête comme ça, moi.». De lourds soupçons tournaient donc autour de toute la fine équipe. Ayoub en sortira au final blanchi. Les deux autres étant confondus par le matériel emporté lors de leur expédition punitive. « C’est maître Me Tricaud, avocat de la famille Dindoyal et de SOS Racisme, a retrouvé le procès-verbal de Carmen Vicente, petite amie de Giraud à l’époque, qui avait déclaré: «Kerhuel avait toujours dans sa voiture un marteau, un bidon d’essence et un produit pour nettoyer les pièces de moteur.» Ce qui avait fait ingurgité de force au malheureux comorien !

      Ayoub, bras musclé des manifestations FN !


      Or Ayoub, à ce moment là, en qualité de Skinhead, jouait justement à ses heures perdues les gros bras pour Jean-Marie lePen, auprès du service d’ordre naissant, futur DPS. « Dès 1982 il traîne avec la bande de skins de Gambetta (dans laquelle on trouve, outre Batskin, Sniff, Porky, Piaf, Grand Eric, Jean Luc, Bruno de Meaux, Jovany et Ptit Willy) l’une des quatre bandes principales de l’époque sur Paris avec Tolbiac, Bonsergent et les Halles (…) Le groupe va s’étoffer et quitter la place Gambetta pour traîner dans le quartier de Saint-Michel, le plus souvent autour de la boutique de disques New Rose, où se constitue ce qui va donner naissance à la bande du Luxembourg et au groupe de rock d’extrême droite Evil Skin. En parallèle, Ayoub s’engage dans la campagne électorale de Jean-Marie Le Pen dans le XXème arrondissement de Paris pour les municipales de 1983. C’est une époque où le Front national de la Jeunesse, dirigée par Carl Lang, est en charge du service d’ordre pour le FN : le parti est alors encore un rassemblement hétéroclite de nombreuses tendances et les jeunes néofascistes et néonazis sont tolérés dans le mouvement, malgré leurs nombreux dérapages et provocations, puisqu’ils étaient bien souvent les seuls à accepter de coller ou de faire le SO pour le Front ». Le DPS, le service d’ordre du Front ne sera en effet créé qu’après en 1985. Son histoire est jonchée d’incidents. Parmi ses particularités, un entraînement régulier de troupes en situation paramilitaire dans les bois ou sur de grandes propriétés appartenant à des sympathisants de l’extrême droite, comme on va le voir plus loin lors de cette enquête. http://centpapiers.com/wp-content/uploads/ayoub_mathieu-35aff.jpg
    • Y participera entre autre Claude Hermant, ex barbouze au Rwanda, que l’on retrouvera gérant de la Vlaams Huis, lui aussi organisateur de stages paramilitaires (dans les Ardennes), local qui organisera la venue en 2011 de plus de 400 têtes brulées d’extrême droite, venue organisée par… Serge Ayoub. Un Serge Ayoub photographié ici beaucoup plus jeune en compagnie d’Olivier Mathieu, alias  Robert Pioche, un négationniste compulsif, arrêté en mars 1989, à la Foire du livre de Bruxelles dans un stand en compagnie de Pierre Guillaume, l’éditeur négationniste. Toujours le même petit monde ! Mathieu s’était surtout rendu célèbre en 1990 dans une célèbre émission de Christophe Dechavanne en réclamant « une minute de silence pour les quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946″, provoquant une bagarre générale sur le plateau… côtoyer un tel énergumène a dû laisser des traces « politiques » chez Ayoub. A noter qu’en 90, Olivier Mathieu, recherché en France par la police, s’était réfugié dans une « communauté » religieuse de Belgique, au Sanctuaire Notre-Dame des Sept Douleurs, jadis géré par un dénommé Borbouse, qui possédait en 1990  trois librairies à Bruxelles, où l’on trouvait les livres négationnistes de la Vieille Taupe et ceux des éditions négationnistes Avalon (fondé par Jean-Dominique Larrieu), vendues également chez le librairie négationniste Ogmios (dirigée par… Frédéric Chatillon !). C’est au même endroit qu’on retrouvera le négationniste néo-nazi Vincent Reynouard fuyant alors la justice française ! Toujours le même petit monde !

      Dieudonné découvre la nuisance du FN à la mort d’Ibrahim Ali


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    • Aounit, inépuisable et courageux (il se battra jusqu’au bout malgré son cancer), avait cité un troisième cas, encore plus flagrant pour le FN. « Dans quelques jours s’ouvre, à Marseille, un autre procès pour crime raciste: celui des colleurs d’affiches du Front national, poursuivis pour le meurtre du jeune Comorien Ibrahim Ali. Dans ces trois affaires, certes singulières, les victimes sont mortes parce qu’elles étaient différentes. Sur chacune d’elles plane l’ombre du Front national. Il est temps que l’on comprenne que ce parti n’est pas un parti comme les autres. Et que l’exclusion débouche sur la mort. C’est aussi, pour nous, un signal: à nous d’être davantage sur le terrain, de reprendre l’initiative dans ces régions où seul le discours de haine du Front national est audible » avait conclu Mouloud Aounit, très lucide sur l’influence de l’extrême droite dans ses affaires criminelles… la presse avait alors titré en écho a ses déclarations « quand le FN tue ». http://centpapiers.com/wp-content/uploads/ibrahim2-75547.jpg
    • L’affaire était pourtant claire : deux militants FN, sur les trois présents ce soir là à Marseille (Robert Lagier, Mario D’Ambrosio et Pierre Giglio) avaient tué le jeune comorien en lui tirant dans le dos alors qu’il s’enfuyait de la scène du collage d’affiches FN. Le lendemain, Bruno Mégret y était de son infâme couplet : « Lagier a été violemment agressé…c’est la faute de l’immigration massive et incontrôlée…si nos colleurs n’avaient pas été armés, ils seraient probablement morts », dans le Méridional du 23 février 1995. Et pourtant. Lagier, qui se présentait au procès en papy sans problèmes, ne songeait pas un jour être dénoncé par sa propre petite fille comme l’avait rappelé l’Express: » souvenez-vous. Le 9 juin dernier, Robert Lagier, 65 ans, un maçon pied-noir devenu colleur d’affiches du Front national, comparaissait avec deux complices devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence pour avoir tué, d’une balle dans le dos, Ibrahim Ali, un lycéen français d’origine comorienne. Rien à voir avec le racisme ou la xénophobie, se défend-il, « c’était un accident ». Il s’est senti agressé, il a tiré par peur, répète inlassablement son avocat. Jusqu’au jour où, le 15 juin, Julie vient dire aux jurés que son grand-père n’est pas l’homme qu’il prétend: http://centpapiers.com/wp-content/uploads/julie-1c1c4.jpg
    • « Il m’emmenait au club de tir pour m’apprendre à tirer sur les Arabes, les « melons », comme il les appelait. J’avais 8 ans à l’époque. » Silence suffoqué de l’assistance. Assis dans son box, Robert Lagier accuse le coup, livide ». Un avocat avait aidé la petite fille de l’accusé pour qu’elle vienne témoigner.  Il s’appelait Gilbert Collard, comme on peut le voir sur la photo du reportage télévisé de l’époque. Celui qui avait enfoncé le FN à l’époque l’a rejoint depuis, dans une trajectoire.. à la Dieudonné. On le voit en effet désormais aux côtés de Marine Le Pen, ayant épousé depuis les idées du FN. Lagier écopera de 15 ans de prison, D’Ambrosio de 10, et Pierre Giglio, le responsable du groupe de ces colleurs d’affiches, à deux ans de prison avec sursis. Le FN les avait soutenus jusqu’au bout ; à sa sortie de prison, http://centpapiers.com/wp-content/uploads/collard-2-2540d.jpg
    • D’Ambrosio sera employé par la mairie de Vitrolles, dont le maire était alors Bruno Mégret ! Thierry Cayol, un vieil ami de gauche de Collard, (donc issu de la gauche puis passé au centre pour finir à l ‘extrême droite), écrira plus tard à propos de l’avocat :  »je me souviens tout particulièrement d’un procès opposant trois colleurs d’affiches du Front National à la famille d’un adolescent comorien, Ibrahim Ali, tué d’une balle dans le dos. Collard, dans une brillante plaidoirie, avait expliqué aux jurés d’Aix-en-Provence que, ce qu’il fallait condamner, ce n’était pas seulement l’acte des meurtriers, mais surtout l’idéologie, le parti qui avait guidé leur bras. » On verra un peu plus loin en quoi la position de Collard, à cette époque était déjà fort ambiguë, au regard de son principal collaborateur (et même de la femme de ce dernier, qui deviendra… son épouse)…. Quant au pauvre Mouloud Aounit, il ira encore apporter son soutien en février 2004 à Dieudonné quand celui-ci verra son spectacle à l’Olympia annulé en raison de heurts annoncés.
      Dieudonné et la chanson
      Or ce procès très médiatisé, Dieudonné l’avait à l’époque suivi de très près. Le procès avait mis en évidence la mouvance d’extrême droite dans laquelle figurait déjà Serge Ayoub, ce qui rend la réunion du jour encore plus surréaliste.  Il déclarera avoir en effet découvert l’extrême droite et sa dangerosité en 1994, à Marseille, lors de l’affaire Ibrahim Ali, en participant lui-même à la manifestation… contre le Font National; à laquelle il avait participé selon lui : «C’était une procession en hommage à Ibrahim Ali, assassiné par les colleurs d’affiche du FN. Je m’y suis joint, naturellement. A un moment, on m’a présenté à la famille de la victime, et ça a été un déclic.» Lors de la manifestation « contre les idées qui tuent » en hommage à Ibrahim, on avait pu le voir en bonne place en effet… Lancé juste après dans la chanson, il en écrira même une et chantera en l’honneur d’Ibrahim Ali (dans son album « Le chant du muet » sorti en 1996, avec la chanson « ‘Juste avant l’an 2000« ). Au milieu de la chanson, Jean Marie Le Pen y était très nettement visé :

      Le colleur d’affiches
    • D’un grand marabout borgne
    • Aveuglé par la haine
    • A fait couler le sang
    • Si l’homme est assez sot
    • Pour ne faire que la guerre
    • Nous nous battrons et Dieu
    • Reconnaîtra les siens.

      ajoutant :images-30-3-6842b.jpg

    • La folie de l’humain
      Ne connaît de limites
      Quand il est dans la meute
      Guidé par un gourou
      Prenons garde au berger
      Assoiffé de pouvoir
      Car en chaque mouton
      Il réveillera le loup.
      C’était le retour comme image du Loup de « La Bête est morte » de Calvo, l’héritier de Benjamin Rabier dans la bouche de l’humoriste, LePen étant le nouveau chef de meute pour Dieudonné ! Sur la pochette intérieure du disque, l’artiste avait écrit  »la politique, hier souveraine, est aujourd’hui une vieille femme malade et même agonisante. Quelques-uns de ses enfants, les plus zélés sans doute, tentent en la représentant de lui donner bonne figure… Mais c’est la fin d’un règne ! Récemment, elle s’est faite détrousser toutes ses vieilles valeurs par le chef d’un parti de l’extrême, un barbare prénommé Le Pen, qui grimpe aux sondages comme singe sur cocotier… Adieu sages valeurs et sereine morale, c’est le Dieu Argent qui dirige en ce temps le royaume. Ici à la Cour on ne jure que par lui et l’évoquer en tout point fait bon ton ». « http://centpapiers.com/wp-content/uploads/calvo-3d169.jpg
    • Un barbare nommé Le Pen« , les mots résonnent très fort aujourd’hui… que Dieudonné serre la main à un ex-skinhead mêlé à de très sombres histoires, après être allé serrer celle du « barbare » Le Pen. Lui qui avait écrit en 1996 : « je suis engagé contre l’extrême droite. De façon naturelle. J’ai rencontré le frère d’Ali, ce jeune Marseillais tué par un colleur d’affiches du FN, et depuis, je fais. Nous sommes tous métisses, il faut combattre tous ceux qui développent une vision de haine. Parce qu’ils tirent sur nos enfants, il faut les combattre. Je crois que c’est grâce à cette attitude qu’ils ont reculé. Le FN, les kapos, ont reculé. Maintenant, ce sont les idéologues qui montent en première ligne mais ils sont fichus, leurs propres enfants se métissent.  » Métis, comme l’est un peu aussi … Serge Ayoub, né d’un père français (de son nom René Guichard) et d’une mère libanaise (Eliane Ayoub).

      Toujours de gauche ?
      Il reviendra en février 2000 dans le journal communiste l’Humanité, qui aimera son spectacle suivant « Judas », (dans une salle « plein à craquer » dira le journal) pour ré-expliquer le cas de sa ferme du Loir et Cher, restée en travers : «  Je suis métis, comme nous tous. J’ai acquis une conscience africaine, une conscience de ce continent, en fait une conscience humaine. Être métisse, c’est n’appartenir à aucune terre. À Dreux, j’ai acheté une ferme suffisamment grande pour y installer un centre culturel africain, pour y accueillir des artistes qui débarquent en France et ne connaissent rien à leurs droits. Des pétitions ont circulé, on m’a dit :  » Vous avez acheté cet endroit mais jamais vous ne serez chez vous.  » Avec leurs règles du jeu, celle de la propriété, j’ai joué et acheté cette fermette. Mme Stirbois s’est répandue dans la presse arguant que le métissage c’est la fin d’une culture, c’est la fin d’un peuple. Là est l’origine de mon engagement ». Un projet qui sera définitivement abandonné le 15 septembre 2001 par l’artiste, sans trop d’explications, par un Dieudonné qui avait aussitôt déclarer  »recentrer ses projets d’échanges culturels sur l’Afrique« . La « fermette » n’était en rien devenue un « centre culturel africain ». Dieudonné avait déjà pris l’habitude de dire des choses différentes de ce qu’elles étaient en réalité…. selon l’interlocuteur en face (le journal communiste devant logiquement moins apprécier un projet spéculatif comme annoncé au tout début à la place d’un « centre culturel »).
      Omar l’a tué
      http://centpapiers.com/wp-content/uploads/Mohamed_Omar-77802.jpg
    • La Suède lui répondra bien plus tard en écho sur son parcours politique et son complet revirement en faveur du FN. En Suède, le fameux Ahmed Rami, les lectures favorites de Latrèche, on le retrouvera en 2011 lors de la présentation en Suède d’un parti présidé par un certain Mohamed Omar. Le programme de ce dernier disait : « nous allons fonder un parti, qui verra la jour vraisemblablement très bientôt. Ce ne sera pas un parti islamiste, ce sera un parti antisioniste » avait-il déclaré. Bien qu’il soit alors  entouré d’antisémites notoires et de négationnistes, Mohamed Omar se défendait d’être antisémite, tout en éditant pourtant le livre de Guillaume Faye  »La Nouvelle question juive » …. « Nous sommes tout simplement contre leurs idées [des sionistes]. Par exemple, ils ont un état qui pratique une politique raciste contre les Arabes et ils persécutent les Arabes etc », avait-il dit.  Un journal avait remarqué que « sur le site Internet de Mohamed Omar, le message est que « l’Holocauste est une escroquerie et que les Juifs sont des malades mentaux ». A peine si on avait remarqué sur la photo, derrière lui, la présence… d’Ahmed Rami. Toujours lui. http://centpapiers.com/wp-content/uploads/Adelskogh-Omar-4fad0.jpg
    • Des commentateurs l’avaient en effet repéré. Lui et Lars Adelskogh, auteur du livre « Le mythe des chambres à gaz dans l’holocauste » publié en in 2002 par Nordiska Förlaget (ici en photo avec Omar). L’ouvrage sera offert en 2006 en cadeau à Ahmadinejad lors de l’infâme Conférence sur l’Holocauste ! Adelskogh, qui parle surtout de « judéocratie » dans tous ses ouvrages ! L’un des observateurs l’ayant repéré, (« Gene » de Harry’s Place), un anglo-saxon au fait des affaires françaises avait malicieusement ajouté : « Pour la radio publique suédoise le mouvement antisioniste d’Omar rappelle la campagne ratée du « comique » français Dieudonné à l’occasion des élections européennes de 2009″… Sacré retour de boomerang !
      Dieudonné ne pouvait pas ne pas savoir les idées de Mohamed Latrèche en 2002. Lui qui avait été sensible aux meurtres de jeunes de couleur dans lesquels le FN avait eu une responsabilité, ne pouvait pas s’en remettre à ses idées sans trahir ses premiers amis. C’est pourtant ce qu’il allait faire dans les mois à venir, avec un zèle sidérant, entraîné par le démon de l’antisémitisme. Ce que nous verrons plus tard, si vous le voulez bien.
       
      (1)  »Un sociologue du CNRS appelle, sur Internet, à lapider Lionel Jospin et Jean-Claude Gayssot. « Le texte, capté sur Internet, est un tissu d’injures, d’antisémitisme et de menace. Le titre ?  » Des caillasses pour sa gueule « . La cible ? Le premier ministre, Lionel Jospin. L’auteur de cet appel à l’agression ? Un  » chercheur en sciences humaines  » au CNRS, dénommé Serge Thion. Lequel n’est pas un inconnu. Activiste négationniste notoire, Thion pollue le Web avec le site négationniste français qu’il a créé,  » AAARGH  » (Association des anciens amateurs de récits de guerre et d’holocauste) sur lequel se retrouvent et s’organisent tout ce que la France compte de néo-nazis, de frontistes et de faussaires  » contestant  » l’existence des camps de concentration. Le texte en question, daté du 27 février 2000, commente le récent voyage du Premier ministre en Israël en ces termes :  » On sait que nous sommes gouvernés par des imbéciles. On les choisit pour… L’irrépressible besoin des socialistes de se mettre à plat ventre devant tout ce qui pourrait avoir l’air juif est également bien connu et très documenté. Jospin en était à son sixième voyage en Israël, le premier en tant que premier ministre… «  Appartenant à cette frange de l’extrême droite qui s’affirme propalestinienne par haine antisémite, Serge Thion qualifie d’assassin Ehoud Barak, le premier ministre israélien, et ajoute :  » Jospin mouille quand il serre sur son cour ce genre de meurtrier. Il s’enflamme pour de si parfaites répliques de l’élite nazie…  » La phrase suivante s’apparente à un véritable appel au lynchage :  » Alors ils [des extrémistes palestin] ens – NDLR] lui ont caillassé la gueule à Bir Zeit. Et ce crétin liberticide de Gayssot en a pris plein la gueule aussi. Ils ont bien fait. Merci à nos camarades palestiniens. Le nazisme a duré 12 ans. Le sionisme dure depuis 100 ans. « .
      (2) avec un positionnement controversé à la clé : l’hébergeur suédois PRQ, par exemple, est celui qui a accueilli The Pirate Bay, aussi bien que les sites pro-nazis ou pro-pédophiles, ou celui de l’ineffable « Bob Gratton », devenu « Propagandes.info », qui diffuse les livres d’Hervé Ryssen, de son vrai nom Hervé Lalin, ancien gudiste et responsable parisien d’Unité radicale avant d’écrire dans Voxnr, aux propos antisémites qui lui ont valu de nombreuses plaintes (et des condamnations) dont celle du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) pour son livre  »Mafia Juive », édité… par Soral ! Ryssen ex professeur d’histoire dans l’Éducation nationale, avant de s’en faire exclure par un inspecteur académique vigilant, à la suite d’une plainte de parents d’élèves pour propos antisémites… Ryssen, condamné pour avoir insulté Michel Tubiana, président de la Ligue des droits de l’homme, à 7 500 € d’amende en février 2009 et la même année pour diffusion de tracts antisémites à Arras (Steeve Briois, élu et cadre du Front national, sera obligé d’en condamner le contenu). Il récidivera en 2010, 2011 et 2012 accusant cette année là les juifs « d’avoir une propension particulière à l’inceste » ! l’hébergeur PRQ  en même temps offrant ses serveurs à … Wikileaks.