14 - La descente aux enfers de Dieudonné

Publié par jean jean

      Nous voici en 2011 déjà, et la folie Dieudonnesque bat alors son plein : voilà qu’il met ses pieds dans les traces de Thierry Meyssan maintenant, après avoir suivi comme gourou politique Alain Soral. C’est de la même veine, à vrai dire : là où Soral fait dans l’approximation et l’amalgame politique, Meyssan fait dans la propagande éhontée. Son nouveau client s’appelle Mouammar Kadhafi, en mal de reconnaissance européenne, ce dernier avait alors besoin qu’on lui tresse des lauriers, comme la bande de Chatillon (Soral et Moualek inclus) avait pu chanter la gloire d’El-Assad. Le mot dictateur, comme pour l’Iran,chez eux, s’efface vite derrière le versement d’argent pour leurs « bonnes œuvres » au prétexte de marchés de communication : on revient à Duprat et à la recherche de subsides pour le FN. Avide d’argent (pour démarrer son parti) et antisémite, son ombre plane de plus en plus sur la carrière de Dieudonné, qui rêve désormais de « tout renverser », se présentant « contre le système ». L’or de la Syrie a en réalité atterri, grâce à Frédéric Chatillon, dans une famille qui dispose d’un château où il s’en est passé de belles il y a quelques années, y compris le tournage de films pornos où l’on croisait déjà Serge Ayoub et sa dulcinée du moment, estampillée nazillonne (sur le sein droit !). Ce qui n’inquiète en rien notre artiste, qui laisse sa fille sauter sur les genoux d’une fervente admiratrice de Léon Degrelle, le jour de son baptême dans une église ultra-traditionnaliste. C’est la Cour des Miracles d’extrême droite néo-nazie de l’entourage proche de Dieudonné qui continue à sidérer, cette année là…

      L’incroyable harangue de la Bab al-Azizia

      dieudolibye-6140aEn 2011, c’est non pas l’Iran mais la Libye qui attire Dieudonné qui se fera photographier devant un panneau routier prouvant qu’il s’est bien rendu dans le pays. Il avait déjà fait le même coup avec Soral lors de leur voyage de 2006 au Liban. Le dictateur a vite compris l’aide qu’il pouvait obtenir en désinformation en déroulant le tapis rouge à Thierry Meyssan, ami de Dieudonné, qu’il invite pour que ce dernier raconte sur le net qu’il n’y a pas de révolte dans le pays, tout d’abord. Le 18 février 2011, il s’était fait pourtant fait tacler par des internautes libyens qui avaient dévoilé en ligne une charge ratée de la police devant les manifestants, qui les avaient obligés à refluer : la séquence restera célèbre, et montrera que ce que racontait Kadhafi – et Meyssan – était faux. Le 2 mars, le site « Infolibye » (devenu depuis « 20Cœurs » maison d’éditions qui a sorti le livre de Linda Lindauer, personne plutôt dérangée parlant du 11 septembre, citée par le site de Soral comme étant une source sûre) reprend pourtant le journal Aloufok et fait dire à Seif El Islam Kadhafi  »qu’en Libye, il n’y a pas eu de mouvement de masse, même à Benghazi » (à gauche une affiche dessinée par le graphiste attitré de Dieudonné, vantant Kadhafi en statue de la Liberté !).Ce que les images envoyées sur le net par les révoltés démentent par l’exemple, avec les images des téléphones portables où l’on aperçoit le nettoyage des rues par des mercenaires armés de bâtons… ou d’armes ! kadhafi_forever-13210C’est alors que Dieudonné, et son staff « politique » (avec Marc George notamment) décide de mettre son grain de sel dans l’histoire de ce tyran africain célébré également, il est vrai, par Nelson Mandela. Un voyage de soutien au dictateur est décidé. Ce qui signifie aussi que l’équipe de Kadhahi a déjà tissé des liens avec ce milieu extrémiste français. L’info du mois de mars sur la visite prévue de Dieudonné provient aux journalistes via…. »MediaLibre », qui n’est autre que le site de Marc George, le responsable de campagne politique de Dieudonné depuis 2009 ! Toujours selon le rédacteur en chef de « Médialibre », Marc George, donc, l’humoriste entendait même se rendre sur des objectifs militaires, « afin de mettre la coalition devant ses responsabilités  » : « curieusement, cette information avait été consciencieusement censurée par les médias de la “démocratie des droits de l’homme” » ajoute Rue 89, qui précise que  »Dieudonné a décollé dimanche matin accompagné d’une petite délégation parmi laquelle on comptait notamment l’universitaire Maria Poumier et la militante écologiste et pro-palestinienne Ginette Skandrani, deux représentantes du courant « rouge-brun », révisionnistes, négationnistes et pro-Chavez. dieudo_kadhaf1-d5fbbLeur présence ne nous pas été confirmée. » L’article décrivant l’opposition à BHL et son intense activité sur le sujet, comme source de la décision de Dieudonné, (Calixthe Beyala y ajoutant une couche) mais aussi « plus largement, en Afrique, et singulièrement au Cameroun, l’hostilité à la « guerre » que les Français mènent au président libyen mobilise intellectuels et jeunes. Et désormais, Dieudonné se revendique « Africain ». A peine débarqué, il déclare que « Kadhafi est bien plus honnête que Nicolas Sarkozy » (il doit ignorer alors qu’une somme d’argent les sépare de peu), clamant également que le président français est sous l’influence de Bernard-Henri Lévy, décrit comme représentant du « lobby juif français, (du) lobby sioniste, (du) lobby américain ». dieudo_kadhaf2-ff8bcA peine revenu, sans avoir pu rencontrer le leader, il nuance déjà son séjour et dit s’être rendu là-bas « pour dénoncer les frappes de l’impérialisme colonisateur [...], pas pour soutenir Kadhafi », ajoutant néanmoins que «  »les Libyens, il faut le savoir, aiment leur président ». Le 2 avril 2011, on verra effectivement un Dieudonné devenu homme politique à part entière ce jour-là, ou croire l’être, prononcer une harangue incroyable d’admiration déclarée pour Kadhafi, devant sa célèbre villa-symbole de Bab al-Azizia bombardée par les Américains en 1986, et ce devant un parterre fort restreint de « supporters » du régime où tous les cinq personnes il y a un agent des services de la police de Kadhafi comme encadrement (c’est nettement visible, vous pouvez le vérifier aisément !). Dieudonné venait de sombrer dans la plus pure propagande pro-Kadhafi ! Dans quel but, on s’en doute un peu en se rappelant le prix et la somme d’argent remis à Louis Farrakhan, en échange de sa bienveillance pour le même régime. De fait, son séjour Libyen sombrera dans le plus complet surréalisme lorsqu’il fera le 29 mars une conférence de presse surréaliste à l’hôtel Ritz, introduit par le très officiel porte-parole du gouvernement libyen, Moussa Ibrahim, conférence à laquelle assiste une trentaine de journalistes de la presse internationale, tous plutôt surpris, les envoyés spéciaux et les correspondants étrangers présents n’ayant bien entendu jamais entendu parler du personnage présent devant eux ! Dans le fond, assise en retrait on distinguait son accompagnatrice, Ginette Skandrani. Dieudonné aura sur place comme formule phare “vos stylos sont des tanks” ; lancé aux journalistes, perçus comme de simples relais de propagande, à savoir juste bons à répandre la bonne parole kadhafienne ! Devant Dieudonné, un texte en français et en arabe fait à la va-vite, proclamait en effet  »la création d’une enquête populaire pour connaître la vérité en Libye »…(on croirait lire du Meyssan !). con_tripoli-cea42Fait notable, juste avant de partir de France, une semaine avant, Dieudonné avait déjà parlé, interviewé par son directeur de campagne, de « lobby juif«  : un lapsus révélateur, le triste sire se reprenant pour dire « lobby sioniste » à la place (il le dira une deuxième fois puis une troisième même, un peu plus loin dans le même interview, rompant son habitude de dire « sioniste » à la place de « juif » !!!). Il évoquait l’idée pour la Libye « denvoyer des français comme boucliers humains » en Libye. Reprenant une vieille idée : celle de Mohamed Latrèche, qui l’avait suggérée pour l’Irak… en 2003 ! Dieudonné recyclait donc, encore et encore de vieilles ritournelles apprises dès 2002. Et affichait une haine des juifs clairement audible. Dès son retour, il annonçait aussi que Kadhafi avait versé « 4 millions d’euros pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy« , mais il ne faisait que reprendre alors les déclarations du fils aîné du dictateur, parues dans la presse (ce dernier n’ayant donné aucun chiffre précis sur les sommes versées).

      Meyssan et Dieudonné, même combat

      Et en effet. le site Cameroon Voice (Dieudonné est camerounais d’origine) laissera le-porte plume du défenseur de Kadhafi (Th.Meyssan) répandre ses contre-informations et faire son auto-publicité ou celle des sites qui la relayaient :  »ne croyez pas un mot de ce que vous disent les télévisions satellitaires de la Coalition. À titre d’exemple, au moment où j’écris ces lignes [samedi 20 août après-midi], elles viennent d’annoncer qu’une unité de l’armée s’est mutinée et a pris le contrôle de l’aéroport ; que l’on se bat dans la capitale et que des chars ont été déployés. C’est de la pure invention. Prenez plutôt comme source d’information les télévisions satellitaires d’États ne participant pas au conflit : la chaîne latino-américaine TeleSur ou la chaîne iranienne PressTV qui, depuis le départ de Russia Today, sont les seules sur place à rendre compte objectivement des événements. La propagande atlantiste nous assure, à longueur de journée, que les rebelles progressent, qu’ils ont pris tel ou tel village « stratégique », et que « les jours de Kadhafi sont comptés ». Combien de fois nous ont-ils annoncé que Kadhafi avait fuit au Venezuela ou s’était suicidé ? » Ecrivait Meyssan le 28 août 2011 encore (pas un seul journal n’avait évoqué de fuite de la sorte, et encore moins de suicide !). Les mensonges de Meyssan durant la campagne seront en effet légion : « contrairement à une idée répandue, ce ne sont pas tant les rebelles qui se battent contre l’armée libyenne et ses réservistes, c’est l’OTAN. Le schéma est désormais bien rôdé : des hélicoptères Apache investissent une localité en mitraillant tout ce qui bouge. La population fuit et l’armée se retire. Les « rebelles » investissent alors la bourgade. Ils hissent le drapeau monarchiste devant les caméras de CNN et consorts. Ils se font photographier en faisant le V de la victoire, puis pillent les maisons abandonnées ». Meyssan aurait pu le vérifier pourtant : les anglais seuls avaient engagé sur place... 5 hélicoptères Apache seulement, là ou Meyssan en voyait partout. meyssan4-9c43cEt contrairement à ce qu’il pouvait dire, les rebelles, avec leur artillerie de fortune, progressaient, effectivement ! Il ne sera pas le seul à tenir ce discours .Celui qui parlera de « massacres » dus aux Apache sera Ahmed Halfaoui, de Palestine Solidarité (dans le journal Côte d’Ivoire info). Un Meyssan bis : « le colonialisme a beau mettre en avant ses marionnettes, déguisées en « rebelles », elles ne cacheront pas ses bottes qui écrasent un pays pour le soumettre. Il a beau saboter la seule télévision qui dit autre chose que le discours de l’oppression, il a beau couper toute communication sur les assassinats de masse, il ne fera pas qu’ils n’existent pas. Inutile d’invoquer le droit à l’information, il n’est pas valable en tout temps et tout lieu.Quand les maîtres du monde en parlent, ce n’est pas pour les beaux yeux des infra humains, quel que soit le continent où ils se trouvent ». On aura noté le terme « infra-humains », variante du « sous-homme » des nazis. Le même qui écrira dans un site d’extrême droite français à propos de Hollande « qu’ il voit les intérêts de l’oligarchie économique et financière étatsunienne prendre, pragmatiquement, le pas sur l’aventurisme guerrier, source de cette tension permanente qui permet au sionisme de prospérer et d’achever son projet de phagocytage de la Palestine, et d’asseoir son hégémonie sur le Moyen-Orient.«  Il faut bien se rendre à l’évidence, cinquante ans après : les mouvements palestiniens, malgré leur légitimité face à ce qu’on peut appeler sans hésiter des exactions, ont bien été le creuset d’un antisémitisme virulent, déguisé en lutte contre le « sionisme ». La confusion entretenue par Dieudonné n’est pas anodine, en effet.

      Manipulations en Libye

      tarpley_tv_libya-fdc54La Libye va être l’objet d’une désinformation colossale, des deux côtés du conflit ; l’Otan dissimulant aussi pas mal de ses activités réelles, cela ne peut être nié. Le New-York times avait relevé en décembre de l’année 13 cas de bombardements suspects où les pertes civiles avaient été bien plus grandes qu’annoncées officiellement. Côté opposition à l’intervention, c’est toute une équipe de « complotistes » du fameux forum de Bruxellles de 2005 (Axis for Peace) qui avait été invitée en Tripolitaine sous contrôle kadhafiste en juin et juillet 2011, avec Webster Tarpley en tête, qui sera interviewé le 29 juin par la TV Lybienne dans un décorum de mauvais goût, précédé d’images de propagande assez phénoménales (où l’on distingue bien les organisateurs de « claque » en regardant bien sur les côtés des prises de vues). Tarpley étant suivi de Thierry Meyssan, Mahdi Darius Nazemroaya (un sociologue canadien complotiste du réseau Voltaire, grand fan de la sœur Agnès Mariam de de la Croix et des ses tripatouillages d’images) , et Julien Teil. Un Julien Teil qui finira par se désolidariser de façon assez théâtrale des mensonges racontés par Meyssan proférés à l’hôtel Rixos, alors fief des soldats de Kamis Kadhafi. « Un groupe de 35 journalistes se sont trouvés pris en otage dans l’hôtel Rixos de Tripoli. Parmi ce groupe se trouvaient Thierry Meyssan et Mahdi Nazemroaya. Ces derniers ont prétendu tout au long de la prise d’otages que les journalistes des grands médias internationaux étaient des espions ayant la volonté de les tuer. Ils ont même donné une interview sur Russia Today à ce propos. Je démens toutes ces accusations à l’égard des journalistes présents sur place dans cet hôtel. Aucun d’entre eux n’avait de mauvaises intentions, ils ont au contraire amplement contribué à notre libération ». Dans le résau Voltaire, c’était devenu « Au Rixos, l’ordre a été donné par de soi-disant « journalistes » US d’abattre Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan. » Ce qui avait mis en danger les « collègues » de Meyssan et Nazemroaya, accusés -à tort- d’être des espions, dans un pays où l’on tirait déjà pour un rien ! Au sortir de l’hôtel, les visages montreront l’exclusion du groupe de Meyssan ,jugé pestiféré par tout le monde. Meyssan avait joué à l’irresponsable total, dans l’hôtel Rixos, d’où il commentait des événements qu’il ne pouvait pas voir. Et comme tout ce petit monde pense un peu la même chose, on se retrouve avec un Pierre Piccinin, qu’on verra plus tard en Syrie épouser successivement la thèse des pro-Assad puis des insurgés, venir tresser sur le net des lauriers à Dieudonné, vu sur scène « invité en VIP », chez qui il ne décèlera « pas une seule once d’antisémitisme« , bien sûr :

      Pierre_Piccinin-7e2f2

      Salut-hitlerien-8bfaeCe qu’oublie de dire Piccinin, alors juste revenu de Syrie, ce sont les conditions mêmes du spectacle auquel il a assisté : « selon le porte-parole du bourgmestre Freddy Thielemans, 700 personnes étaient rassemblées devant cette salle de spectacle, quai des Usines, à Bruxelles. Un premier spectacle était déjà en cours. 300 personnes attendaient d’assister à une deuxième représentation qui devait avoir lieu à 22h. « Nous avons été prévenus et des forces de police ont été dépêchées sur place, indique-t-on à la Ville. Une personne aurait harangué la foule, l’invitant à faire le salut nazi. La police a dressé un procès-verbal à l’encontre de Dieudonné pour incitation à la haine raciale. Un PV a également été dressé à l’encontre de l’exploitant de la salle suite au constat de divers manquements administratifs. La police avait pris contact avec le gérant de la salle qui a coupé l’électricité et a ainsi interrompu le spectacle. La Ville examine les possibilités juridiques de se retourner contre M. Dieudonné et éventuellement l’exploitant de la salle. » Une photo prise ce soir-là, Quai des Usines, montrera effectivement des saluts nazis (si proche de la « quenelle »…) à l’arrivée des forces de l’ordre. A son retour de Libye, le 2 avril 2011 (à savoir que son séjour n’à duré que 2 jours !), Dieudonné lance un scoop. Le problème c’est qu’il n’est pas neuf : Salif El Islam, filis de Kadhafin a déjà lancé le pavé dans la la mare le 16 mars, avant même le voyage de Dieudonné.

      L’argent de la Syrie et Dieudonné

      dieudo_damas-7bf5dAu moment ou Piccinin revient de Syrie, on découvre un Dieudonné qui y est encore. Ce n’est pas la première fois qu’il a été aperçu à Damas, on l’a déjà vu trois ans auparavant, venu donner un spectacle dans la capitale le 5 mars 2008, comme l’attestent les clichés de l’ineffable J-Allain Meynié, toujours prompt à en tresser les lauriers. Il était invité par Michel Eleftériadés dans son cabaret de Beyrouth, le « Music-Hall ». Eleftériadés étant un grec orthodoxe, très proche de Michel Aoun, proche lui-même du Hezbollah (le 4 février 2006 il a conclu un accord avec Hassan Nasrallah). En 2006 déjà, on l’a vérifié, le même Dieudonné avait été vu avec Frédéric Chatillon et l’équipe Soral-Moualek-Meyssan, partis faire la promotion du régime de Bachar el Assad en échange de… subsides, le pouvoir syrien, on l’a vu, ayant toujours été très proche et très généreux envers l’extrême droite française depuis François Duprat. Le lien avec le FN est vite trouvé : Frédéric Chatlillon est aussi l’époux de Marie d’Herbais, mais c’est aussi et surtout le gendre de Katherine d’Herbais, riche conseillère régionale FN, actionnaire (avec son mari) du journal Minute mais qui est aussi comtesse ! damas_scene-f3ff6« La comtesse Katherine d’Herbais de Thun, conseillère régionale de Picardie, est l’une des deux filles de Marcel Chereil de la Rivière, grande figure monarchiste et riche promoteur immobilier (le château qu’il détient est celui de Ferreux-Quincey dans l’Aube). La seconde fille de cet ancien éditeur n’est autre que Cendrine Le Chevallier, épouse du maire de Toulon. Associée en affaires avec le propriétaire de l’hebdomadaire  » Minute « , Katherine vit dans un imposant château del’Oise.« Le fameux château, c’est delui d’Alincourt. A noter qu’en 2001, Katherine d’Herbais assignera son ex-mari -Pierre-Guillaume d’Herbais pour abandon de famille. … Au procès on avait appris qu’entre temps d’Herbais « louait son hôtel particulier de Boulogne pour des films publicitaires et pendant Roland-Garros »…. le folklore de la vieille France, sans doute !

      Car chez les d’Herbais, on est de droite. Très à droite, même

      alaincourt-55d6bUn grand château (avec un grand parc) ça permet bien des choses : y compris des entraînements pour groupes paramiliaires, dirigés par un gars du futur DPS, dont celui d’un certain Serge Ayoub… A l’époque c’est Carl Lang, bombardé « coordinateur DPS de la région « Grand Est » qui s’en occupait. Les liens entre Lang et Ayoub n’ont pas disparu depuis. Lors d’une des dernières réunions de « synthèse nationale », dirigée par Lang, depuis transfuge du FN, Serge Ayoub était présent. Une réunion où ce jour là « Troisième voie » s’occupait du bar et de la sécurité (étaient présents ce jour-là Pierre Sidos et d’Yvan Benedetti, de l’Œuvre française, mais aussi Roland Hélie, Roland Curtet (du MNR), Robert Spieler (de la NDP), Pierre Vial (de Terre et peuple) et Jérôme Bourbon (rédacteur en chef de Rivarol) . Avec Lang (qui a été suspendu du FN le 17 novembre 2008, par le bureau exécutif) comme responsable du DPS, cela nous ramène en effet plus de vingt ans en arrière, dans les années 90. carl lang« Le dimanche 15 mars 1992, ils sont une soixantaine de militants nationalistes à se rendre dans la propriété d’Alaincourt, dans l’Oise. Celle-ci appartient à la vicomtesse Katherine d’Herbais de Thun, conseillère régionale du FN en Picardie, fille de M. Chereil de la Rivière, directeur de La France Monarchiste. Son mari, Pierre-Guillaume d’Herbais, est alors président depuis 1983 de la Société d’Études et de Gestion des Régimes Sociaux (SEGRS), et depuis 1987 d’Europension (« groupement européen de consultants en droit social et d’actuaires-conseils dont l’objet est d’assurer un service permanent aux entreprises de la CEE »). D’Herbais est aussi le repreneur de l’hebdomadaire Minute en janvier 1990. Bref, nos petits rats sont en de bonnes mains, d’autant plus que le programme du camp est alléchant : corps à corps (« Si vous enfoncez bien votre doigt, l’œil de votre adversaire doit pendre par le nerf optique », explique un conseiller militaire du service d’ordre du FN, le DPS, utilisation de la batte de base-ball (« Devant une caméra, mieux vaut une bonne fracture qu’une blessure au sang : si un « gauche » chiale mais qu’il n’a pas de blessure apparente, les images ne passeront pas à la télé ») et psychologie (« En face, on va vous insulter, vous traiter de fascistes et de nazis. Bien que fascistes et nazis ne soient pas des insultes »).DPS Quelques jours plus tard, lors du meeting de mars 1992 de Jean-Marie Le Pen au Zénith, Carl Lang, ancien dirigeant du FNJ, salue ses troupes avec ce qui ressemble farouchement à un bras tendu. Les auxiliaires du GUD en font partie, aux côtés des skinheads des JNR de Serge Ayoub, mais cette fois-ci, à l’inverse du meeting de Le Pen à Rouen, le 6 mars, ils n’ont pas carte blanche pour attaquer la contre-manifestation. Ce qui ne sera pas le cas à Chartres avec des affrontements extrêmement violents. » Bref, on est entre amis… de l’extrême droite musclée ! Entre amis en effet : l’une des sœurs de Marie d’Herbais à épousé… Benoit Fleury, lui aussi au GUD et dont voici le portrait : « Benoît Fleury a dirigé le GUD (Groupe union défense) à Assas. Un mouvement violent créé en 1968 et dissous en 2000, connu pour ses positions clairement racistes et antisémites. Dans une interview donnée à l’Echo des Savanes en 1999, celui qui se faisait surnommer “Lord”, clamait son idéologie “fasciste, au sens italien du terme”, estimant qu’il fallait “rayer Israël de la carte”, et revendiquant son admiration pour le national-socialiste belge Léon Degrelle. Benoît Fleury est aussi un bagarreur. Ce qui lui vaut à plusieurs reprises l’exclusion d’Assas, pour injures racistes, antisémites et agressions. Il écope même de trois mois de prison en 1998, pour avoir attaqué d’autres militants d’extrême droite. » Décidément. Sa nomination comme enseignant de faculté à Poitiers en 2008 avait provoqué un tollé. En 2009, il obtenait son détachement auprès du conseil général de Vendée… présidé par le président du Mouvement pour la France (MPF) Philippe de Villiers. Au final en 2013 il était redevenu avocat au Barreau des Sables d’Olonne pour encenser le travail de Patrick Buisson… on ne se refait jamais, à l’extrême droite ! Au gouvernement, en 1996, après une histoire de heurts le e 25 octobre à Monceau Les Mines, on semblait laisser faire : dps2« les événements de Montceau-les-Mines sont graves pour la République. Dès le 30 octobre 1996, ils ont fait l’objet d’une question au Gouvernement à l’Assemblée nationale. Il n’y a pas eu de réaction officielle du côté de la police. M. Claude Guéant, alors directeur général de la police nationale, aurait simplement dit à M. Michaël Darmon qui l’interrogeait : «  Ce sont des événements regrettables, il faut que l’on soit plus vigilant pour que cela ne se reproduise pas  ». Aucune enquête de commandement ou enquête de l’IGPN n’a été diligentée à cette occasion », note le rapport de la commission de l’Assemblée Nationale sur les événements… Guéant laissant faire le DPS… (déjà !). Pourtant la commission avait « recensé 38 cas relatifs à des détentions d’armes, qu’il s’agisse de stockage ou de port (16), d’exhibition (6) ou d’utilisation de ces dernières (16). Il convient de noter la présence d’armes dans 56 % des incidents relevés, soit plus de la moitié. » Bref, Guéant savait, mais avait tassé l’affaire : des nervis manipulables, ça peut toujours servir !

      Des exercices paramilitaires aux services de « Sécurité »

      L’époque a changé, depuis, et il a bien fallu évoluer et se reconvertir, pourtant. Certains en ont fait un métier. Un fils du proprio, Albéric d’Herbais (il est aussi vicomte !), fera plus tard partie d’un société de gros bras dirigée par Axel Lousteau, proche de Frédéric Chatillon, le mari d’une des filles d’Herbais : leur particularité, c’est d’être tous issus du GUD. Amusante ironie, le château détenu par ces catholiques bon teint (et même plutôt traditionalistes !) avait servi à tourner en 1995 un film X :« il serait pourtant dommage d’oublier qu’il y a un an de cela, le château d’Alincourt, appartenant à cette même comtesse, fut le théâtre de sulfureuses scènes de film X. A son insu, cependant, puisqu’elle remporta le procès qui s’ensuivit. Elle affirma même sans rire qu’elle allait « faire bénir cette maison ». Le château a finalement été vendu le 1er janvier 2009 par les d’Herbais (pour 4,57 millions d’euros ; mais il la famille avait accumulé plus de 2 millions de dettes). Mais après certains problèmes inattendus sont réapparus chez le nouveau propriétaire. Car pour rénover le château, on avait trouvé chez les d’Herbais une méthode bien pratique qui avait posé problème lors du rachat : « comment ne pas oublier que les anciens propriétaires étaient des membres très actifs du FN. Mme d’Herbais ayant été sur les listes FN pour le Conseil régional de Picardie …Ils avaient loué les espaces pour les chalets et mobil homes afin de financer leur achat (du château) et les nombreux travaux. Maintenant, il n’ y a plus besoin de ces sources de financement, donc on peut jeter ! Non seulement les riches vendent aux riches, mais ils reconnaissent les « valeurs » de leurs acquéreurs« . Les méthodes utilisées par le nouveau proprio (Alain Duménil un financier plutôt « expéditif »,tabatha_cash-03e40 lorsqu’il gère des entreprises, propriétaire du Théâtre de Paris) avaient été jugées il est vrai aussi un peu… cavalières. On n’avait pas beaucoup vu à ce moment là l’ancien défenseur des démunis Dieudonné, ni le voir beaucoup se bouger pour aller aider les familles qui avaient alerté le DAL, pourtant. Détail à retenir : le film X tourné à Alincourt s’appelait « Les Visiteuses », c’était le remake porno du film de de J.-M. Poiré qui avait si bien marché en France en 1993 Son réalisateur, Alain Payet, connu sous le pseudonyme évocateur de « John Love », avait récolté avec lui un « Hot d’Or » à Cannes… En 1995, Payet réalisera aussi « Le cul bien fendu de l’infirmière » (quelle poésie !), ou on apercevait un dénommé Hervé-Pierre Gustave, qu’on appellera vite « HPG ». L’autre concurrent alors s’appelle « Old Nick ». Il découvrira plus tard d’autres starlettes aussi peu vêtues; tout en lançant un magazine web beaufisant au possible (« l’Organe », on y reviendra un peu plus loin).

      Le « hot’ qui mène à Ayoub

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      La « sorcière » du film qui y faisait plutôt une simple apparition, dans son absence de costume habituel, s’appelle Tabatha Cash, elle avait pour vrai nom Céline Barbe (elle se fera aussi appeler Celine Duval, Julia Sow, Lydia Celine, et Tabitha Cash). Née le 27 décembre 1973 d’une mère italienne et d’un père vietnamien, alignant un peu plus de vingt ans au compteur lors du tournage, elle faisait alors du film X depuis deux ans à peine mais avait fait durant la période un nombre important « d’apparitions », où sa plastique avait été saluée (davantage que ses talents de comédienne, on l’imagine !). Elle a fait auparavant une rencontre, et quelle rencontre en effet ! « En 1994, Batskin se range. Il dissout les JNR, se laisse pousser les cheveux, intègre une bande de bikers (les Hell’s Angels), reprend ses études et s’envoie en l’air avec la pornostar Tabatha Cash. Il monte aussi deux boutiques à Paris (insignes, fanzines et fringues). « Moi, honnête commerçant turc », disait-il alors. Batskin sèche le défilé du FN du 1er mai 1995 en marge duquel des skins de Reims noient dans la Seine Brahim Bouarram ». En réalité, c’est dès 1990, à 17 ans, que Cash aurait rencontré Ayoub qui en avait alors 27. Ayoub sortait à peine de sa période « skinhead », pendant laquelle, par exemple, il avait défilé à Paris sous le nom infect des « Amis de Barbie », entendez par là … de Klaus Barbie, affichant des tendances nazifiantes évidentes (il imprime aussi une feuille de chou « skin », « Le côté obscur » où apparaît son ami Régis Kérhuel). cote_obscur_Il exercera visiblement une influence « politique » sur elle : la belle se faisant alors tatouer sur le sein droit le symbole des trois 7 de l’AWB, le parti néo-nazi de Terreblanche en Afrique du Sud ! Elle le fera plus tard recouvrir par une rose… Ah tiens, quel curieux hasard ! Si on résume, en 1994, dans la propriété d’Alincourt de Pierre-Guillaume d’Herbais Ayoub et ses potes s’entraînaient donc à jouer les gros bras pour les manifestations du FN, et dans la même propriété l’actrice X faisait un film porno. Et les deux se connaissaient déjà. Qui donc avait choisi le château comme décor, voilà qui mérite réflexion en effet ! Tout cela sous les fenêtres de la fille d’Herbais, Marie de Thun, née en 1972… et de son mari… Frédéric Chatillon, grand copain d’Ayoub, sa belle-mère affirmant qu’elle n’était pas au courant de ce qui se passait dans ses propres murs ! Impossible à croire pourtant que les d’Herbais avaient pu ignorer l’existence de ce tournage !

      Le DPS, une véritable milice

      charlie_solution copieEn 1997, au moment où Dieudonné parle encore du « marabout borgne », Serge Ayoub est bel et bien intégré comme supplément du DPS. Un organisme alors perçu clairement comme étant une milice… armée composée d’ex militaires ou de repris de justice comme le dira un de ces membres : « nous sommes tous des ex-combattants aptes à sauter en parachute et à tirer. La plupart ont participé à des conflits, au Tchad, au Centrafrique ou au Liban. Au FN, Il y a beaucoup de paranos : on nous répète que nous sommes mobilisables 24 heures sur 24 en cas de subversion intérieure et que nous devons être capables de renverser un gouvernement en 48 heures si Le Pen se fait descendre. L’autre fantasme, c’est le Bétar. On se prépare à la guéguerre contre lui. Entre nous, on s’amuse à se surnommer les « Pompiers du Reich » et on se salue par de petits Sieg Heil ! ». A part ça, ils ne seraient pas admirateurs aussi d’Hitler ! A la question êtes-vous une milice, l’échappé avouera :

      charlie4 copie

      « tout à fait, une armée parallèle,une petite légion au service d’un parti. C’est le troisième oeil du FN. Comme toujours, il y a un président, Le Pen ­ et je pense qu’il ne contrôle pas tout ce qui se passe au DPS ­, un « premier ministre », Mégret, et un chef des armées : Courcelle, chez nous. Et nous menons des opérations un peu spéciales » Spéciales ? » L’auteur ne s’étendra pas. Une milice qui recrute large semble-t-il : le casier de ses recrutés n’est pas toujours vierge. « Officiellement, oui. Mais 80% des ex-combattants qui encadrent le commandant Courcelle sont d’anciens taulards ». Une milice entraînée :« On a une salle de sports au « Paquebot » (surnom donné au siège du FN situé à Saint-Cloud, ndlr) avec un équipement complet : sacs de sable, gants de boxe, appareils de musculation. Il y a aussi des groupes qui partent s’entraîner au tir dans les bois, comme la forêt de Rambouillet ». Et des gens…. armés. A la question Le FN vous fournit des armes ? il sera répondu : « Non. Une note de service stipule même qu’elles sont interdites. Mais chaque type a son sac perso. Les mecs peuvent avoir des armes dedans, des 9 mm, des 38″ J’en ai vu ». Et le reste du matériel ? « On a des goliaths, c’est-à-dire des mini-bombes lacrymogènes de 50 cl pour arroser en cas de problème, des matraques, notamment des matraques télescopiques qui tiennent dans la poche d’un blazer, des gants plombés qui pèsent 400 grammes et des gilets pare-balles. Plus l’équipement des opérations de force de frappe ». Voilà qui n’était guère rassurant. Guère rassurant non plus quand on analyse des photos récentes de l’entourage de Dieudonné, qui, je le rappelle, affirme avoir croisé « récemment » Serge Ayoub « qu’il « ne connaissait pas », selon lui. Un mensonge vite balayé par des fureteurs qui ont retrouvé comme « gros bras » de sa protection rapprochée le second de Serge Ayoub, trahi par ses tatouages siglés « JNR sur la tête !!!

      Ayoub comme supplétif du DPS du FN, sur une liste… pro-israël !

      Le rôle des gros bras skinheads dirigés par Ayoub est à l’époque simple : celui de servir de paravent au DPS en cas de grabuge. « Toujours en contact avec Carl Lang, à cette époque toujours au FN, Batskin et ses troupes sont employés par le parti frontiste, entre 1992 et 1994, comme supplétif du DPS. tout comme le GUD dirigé alors par Frédéric Chatillon.. Les JNR et le GUD avaient pour rôle de faire la chasse aux contre-manifestants lors des meetings, sans engager la responsabilité du FN ou du DPS comme au meeting du Zénith à Paris en 1992. Ce jour-là Carl Lang avait salué les troupes supplétives du SO le bras tendu, avant de les lâcher dans la rue contre les antifascistes ». C’est dans ce rôle trouble que va se jouer un événement marquant :  »quelques temps plus tard, lors d’un meeting de Carl Lang à Saint-Ouen-L’Aumône, Batskin débarque avec sept membres de sa bande et un chien pour venir épauler les membres du DPS présents ce soir-là. Le 7 mai 1994, Ayoub et les JNR participent à l’organisation, aux côtés du GUD, d’un rassemblement anti-américain, pour protester contre la célébration du 8 mai 1945. Lors de cette manifestation, interdite par la police, un membre de l’Œuvre française trouve mystérieusement la mort en tombant d’un toit. C’est l’occasion pour toute la jeunesse nationaliste, du FNJ aux skinheads, de se retrouver au sein du Comité du 9 mai créé par Chatillon. À cette occasion, la boutique d’Ayoub, le Dark Lord, est fermée administrativement ». touze_stop-e40acEn fait, Chatillon avait repris le défilé des Skinheads d’Ayoub... Ce qui montrait que les policiers avaient fait le lien entre les heurts… et Serge Ayoub. Frédéric Chatillon, grand copain de fac de Marine Le Pen chapeautait donc toujours l’activité du gros bras reconverti en vendeur de vêtements ! Un Ayoub qui a aussi tâté de la politique, il est vrai : « Batskin garde le contact avec les formations politiques nationalistes traditionnelles. En 1993, il se présente aux élections législatives dans la 11ème circonscription des Hautes-de-Seine, à Bagneux-Montrouge, sous les couleurs de l’Alliance Populaire de Jean-François Touzé et Roland Hélie, un mouvement dont le financement est assumé en partie par le la droite parlementaire. (L’AP a d’ailleurs été l’occasion pour plusieurs anciens skins nazis de refaire un peu de politique). Ayoub obtient 0,17 % des voix… » Touzé, ancien adjoint de JP Stirbois, reviendra plus tard au FN après l’expérience de l’AP comme animateur de la cellule « Idées, image et communication » lors de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen en 2007. le le 26 septembre 2008 il avait lancé sans trop de succès la « Nouvelle droite républicaine » qui tiendra à peine 2 ans. Rappelons qu’il est favorable aux USA et à Israël… ce qui explique ses dissensions régulières avec le FN… De lourdes rumeurs traînent depuis longtemps sur un financement de l’AP par les réseaux de droite de Charles Pasqua. Ayoub aurait donc été aussi pro-israélien durant sa courte vie politique…. ce qui devrait beaucoup plaire à Dieudonné, qui le trouve si charmant aujourd’hui !…. le 2 juin 2008, on retrouvait tous ses « ténors » droitiers , plus ou moins ratés, rois des scissions diverses, devenus entre temps « Nouvelle Droite Populaire », lors d’une réunion anti-islam où figurait aussi Pierre Vial, président de « Terre et Peuple », et Bernard Antony, Président de « Chrétienté Solidarité »… ce qui aussi devrait plaire à Dieudonné, et beaucoup moins à ses amis déclarés « musulmans » depuis leurs séjours en Iran (ils y étaient déjà, au même moment)… Des contradictions à la pelle, voilà ce qu’on trouve dans ce marigot… !!! Lors de la réunion, en prime, les stands affichaient de bien étranges publications, dont « Flash » le magazine de Soral aux côtés d’ouvrages négationnistes.. (*)

      Tellement à droite…

      d_herbais-859efOn retrouve bien plus tard la fameuse Marie d’Herbais, de son vrai nom Marie d’Herbais de Thun, l’épouse de Frédéric Charillon, donc, comme candidate FN à ses heures (elle a été récemment tête de liste FN à Savigné l’Evêque, dans la Sarthe). Mais elle est aussi et surtout chargée de la com’ de Jean-Marie ! Elle a aussi d’autre liens assez particuliers : le créateur du site FdeSouche, par exemple, pas vraiment réputé pour être un site de gauche, Pierre (Joris) Sautarel, qui a aussi été l’ancien webmestre du site du Front National a aussi été le suppléant de Marie d’Herbais, candidate lorsqu’elle s’était présentée aux élections législatives de 2007 dans la deuxième circonscription de Seine-et-Marne. En 2008, lorsque Fde Souche organisera sa « French Pride », un pot réunissant une centaine de gens du web d’extrême droite, dans un bar parisien : c’est dans le Local, celui de Serge Ayoub bien entendu (on y verra Marine LePen) ! plume-1cf6cSelon Fourest  »c’est l’une des meilleures amies de la présidente, attachée presse au FN, qui ne cache pas sa fascination pour la dictature sanguinaire de Bachar el Assad ». C’est elle par exemple qui se chargeait du « journal de bord » de Jean-Marie Le Pen sur Internet. Chargeait, car elle a été débarquée en février dernier, à la suite d’un gros conflit… avec la fille. Ou plutôt son compagnon, vers qui converge bien des critiques en provenance du vieux carré des supporters du père : le FN est un panier de crabes, et dedans il y a des jeunes et des moins jeunes, et de bien étranges rivalités, d’Herbais ayant indiqué sur son Facebook en vouloir des gens qui l’auraient éloigné de son « amie ». Pour ceux qui ne sauraient pas à quoi ressemble la dame, ils peuvent toujours se fier à une photo restée célèbre : celle où elle tenait sur ses genoux la non moins célèbre « Plume », dernière née (à cette époque-là) chez les Dieudonné. En arrière plan du cliché, on pouvait apercevoir Jany Le Pen, mais aussi l’artiste en pleine conversion avec le « menhir ». Fils de bretonne parlant à un breton, en quelque sorte, ils semblaient avoir bien des choses à se dire….

      On trouve de tout chez les d’Herbais (enfin toute la droite)

      kerestat-roscoffDans le jeu des 7 familles d’Herbais, on trouve aussi Renaud. Beau cas aussi, celui-là : à 70 ans, il s’est inscrit sous l’étiquette des Verts à Roscoff en févier 2011 pour les pour le canton de Saint-Pol-de-Léon (il y avait fait 14,32%, terminant en 3eme position). L’année précédente il avait fait la une des journaux locaux pour la défense du cimetière marin : Un « outrage », pour Renaud d’Herbais, qui, comme toute sa famille depuis des siècles, est né sur ce bout de Bretagne, et qui entend bien, comme ses ancêtres, y connaître le repos éternel. « Dans cette tombe repose François-Xavier d’Herbais, né en 1735, explique-t-il. Il a eu le bras emporté par un boulet lors de la guerre d’indépendance américaine ! Dans celle-là, on trouve ma tante Marie, Mimi dans la Résistance, décorée par le général de Gaulle. Les d’Herbais ne sont pas les seuls illustres « résidents » du Vil. La tombe d’un pilote néo-zélandais, Frank William Stout, « mort en mer pour la cause des Alliés le 18 juin 1944 », est inscrite au recensement des tombes du Commonwealth. » ajoutait l’article. Ce qu’oublie de dire d’Herbais, c’est qu’il avait aussi croisé Bob Dénard dans sa carrière. En réalité, c’est lui qui avait introduit l’idée dans la famille de gérer un château avec les revenus d’un camping… « Tel un capitaine Haddock dans son Moulinsart, l’ancien capitaine au long cours, un temps compagnon du mercenaire Bob Denard, a ouvert le parc de son manoir du XVéme siècle, Kerestat, pour officiellement financer des travaux sur le bâtiment hérité de ces ancêtres » avait-on pu lire sur un blog. Chezcamping kerestat Guillaume d’Herbais c’est autre chose : il avait été reconnu coupable d’abus de biens sociaux en 1994, et condamné à 2 ans de prison pour abus au détriment d’une caisse de retraite (et 50 millions de francs de l’époque de détournés). On trouve des d’Herbais dans le Nord de la France et en Belgique, comme ici sur ce faire part de décès du « messire » Hubert, Comte de Grelle, époux de Katherine Chéreil de la Rivière… où l’on peut apercevoir le patronyme complet des d’Herbais : c’est d’Herbais de Thun d’Avine.

      « Plume » sur les genoux d’une fervente admiratrice de Léon Degrelle

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      Cette fin de cérémonie de baptême avait eu lieu chez Jany Le Pen à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) et nom dans la grande propriété de Montretout, à Saint-Cloud (dans les Hauts-de-Seine, avec ses 4 670 mètres carrés de verdure) acquise on le sait auprès de la famille Lambert grâce à plusieurs testaments successifs de l’héritier de la fortune des cimenteries du même nom. Libération avait écrit à son propos : « les conditions dans lesquelles Le Pen a hérité de la bâtisse en 1976 sont célèbres : un richissime cimentier, éthylique et désoeuvré, Hubert Lambert, noyé dans l’alcool et les médicaments à l’âge de 42 ans, la lui a léguée parce qu’il voyait en lui le sauveur qui allait restaurer la royauté… Avant de pouvoir jouir du magot, le patron du FN a dû affronter une procédure judiciaire, puis négocier, à l’abri du regard des juges, avec un cousin du défunt ». Et Plume, la baptisée, avait été sauté sur les genoux de dame d’Herbais, une comtesse moderne (elle utilise à fond Twitter comme on peut le voir ici sur ses effarants commentaires) mais qui est aussi une grande admiratrice de Léon Degrelle, dont elle parle (sur Twitter) en ces termes : « à celui qui fut comme un père pour moi »… et admiratrice tout autant de Robert Brasillach, fusillé pour collaboration… Unknown-10-3-ede68Un Degrelle ainsi résumé dans l’Express (retrouvé par un internaute vigilant) : l’Express : « cet orateur au verbe haut, sorte de Le Pen d’avant guerre, a fait trembler la Belgique, en 1936, en envoyant deux dizaines de députés de son mouvement conservateur catholique, Rex, au Parlement. Pactisant avec les nazis pendant la guerre, il termine à la tête de la légion antibolchevique Wallonie, qui mène d’effroyables combats sur le front de l’Est, au côté des Waffen-SS. Blessé quatre fois, Degrelle en réchappe, est félicité en personne par le Führer et, dans la nuit du 7 au 8 mai 1945, survolant l’Europe en liesse, parvient miraculeusement à sauver sa peau à bord d’un petit avion qui vient mourir sur une plage espagnole. Il refait sa vie sous Franco, relaie très tôt les thèses né gationnistes et accueille des skinheads de l’Europe entière, trop heureux de se laisser photographier à côté du Volksführer en grand uniforme »… il n’y a pas, elle commençait fort dans la vie la dite « Plume », avec de tels godillots de plomb !

      (*) « On trouve aussi « Flash », le nouveau journal du même Randa et de ses amis nationaux-sociaux, Alain Soral et Christian Bouchet. C’est deux-là sont pourtant des proches de Marine Le Pen, la « normalisatrice » du Front national de son papa ! Une personnalité détestée chez les piliers de « Synthèse nationale ». Insupportable sur le fond mais aussi sur la forme tellement les couleurs et la charte graphique font mal à la tête : « Flash », est un journal qui porte bien son nom. Les éditions du Lore sont également présentes. Cette maison d’édition est très versée dans tout ce qui touche aux SS (les troupes d’élite du nazisme, pour rappel), à « Mein Kampf », à l’occultisme, à l’ésotérisme, aux indo-européens… Egalement là, un stand aménagé pour la pathologique revue négationniste « Révision » (celle d’Alain Gionnet !). NEGAT reflexes
      Mais c’est à la
      Librairie du Savoir (sise à Paris XIVème) que l’on se répand ouvertement en propos négationnistes abjects, que l’on fait l’apologie de Vincent Reynouard, le propagateur négationniste français exilé en Belgique et condamné en juin à un an de prison ferme. Reynouard vit aujourd’hui en clandestinité. A ce stand, des conseils sont donnés aux petits jeunes présents pour naviguer sans peine sur les sites voués à la négation du génocide des Juifs commis par les nazis. Curieusement, dans son compte-rendu, Hélié oubliera de préciser la présence de ces idées et publications… Parmi les tendances présentes, la seule formation officiellement présente est la NDP, dont « Synthèse Nationale » est un peu devenu l’organe officiel, ce qui est révélateur de la vitalité du parti. On notera tout de même la présence de Claude Hermant, ancien barbouzard et leader de Terre Celtique. Cette association du Nord de la France s’est alliée aux Jeunesses Identitaires et a ouvert en 2008, dans la banlieue riche de Lille, un local identitaire, la « Maison du Peuple Flamand » (Het Vlaams Huis). Véritable base arrière de formation politique et sportive d’extrême droite, elle est aussi fréquentée par les Belges du mouvement Nation. » L’auberge a été fermée depuis et la tentative d’Hermant de s’installer ailleurs un fiasco total…

      Parmi les ouvrages vendus ce jour-là, une réédition infâme, sortie l’année précédente chez Lore d’un ouvrage de 1955,  »Vérité réconciliée… pour la Milice, justice ! » avec un nouveau titre moins « polémique » (« Pour l’honneur de la Milice » ) : c’est le livre d’Emile Raybaud qui a été à le chef d’état-major des Francs-Gardes, en février-mars 1944 pour aller combattre les maquisards des Glières de Haute-Savoie ! Fin décembre 1944, il avait été nommé responsable du Waffen-Grenadier-Regiment der SS 58, devenu Hauptsturmführer, il prendra la direction du régiment de marche de la division Charlemagne et sera décoré de la Croix de fer 1ère classe après avoir été blessé. Condamné à mort par la cour de justice de Haute-Vienne en 1946. il avait été gracié et même libéré en 1951… Détail à savoir : l’ex-directeur de la librairie révisionniste Ogmios, située au 10 rue des Pyramides, qui avait été le siège du PPF de Jacques Doriot, celle qui avait reçu un chèque de 120 000 francs de Walid Gordji, de l’ambassade d’Iran, s’appelait… Frédéric Chatillon (chez lui c’est en effet une vieille histoire, comme le montre l’extrait suivant rappelant une perquisition de la police en 1994 :

      « Mains sales… Après Chatillon lui-même et ses petits copains, c’est au tour de sa société, Riwal Communication, de connaître les délices de la perquisition. Créée en mars 1985 avec un capital de 100 000 francs, elle a pour principales activités le conseil en communication, le marketing direct, l’édition de livres et de revues et la vente par correspondance. Elle était à l’origine domiciliée 6 rue Saint-Bon (Paris IVe). Un an plus tard, la société a déménagé au 10 rue Laurent Pichat (Paris XVIe), son adresse actuelle. Le gérant de la société est Axel Loustau, avec pour associée Marie d’Herbais. Parmi les actionnaires de Rivoal on retrouve : * Chatillon et sa femme Marie d’Herbais (260 parts à eux deux) ; * Anne-Christine Delaunay, soeur de Chatillon, à qui il a vendu 260 parts en septembre 1996 (sur les 470 qu’il possédait auparavant) ; * Axel Loustau (240 parts) ; * Thomas Lagane (240 parts). Entre autres productions, Riwal maquette la lettre d’informations d’Emmanuel Ratier Faits & Documents ainsi que quelques numéros du journal municipal de Marignane. Par le biais des Éditions des Monts d’Arrée, créées en août 1995 et rattachées à Riwal Communication, Chatillon diffuse deux livres : le premier, Les Rats maudits, raconte l’histoire du GUD depuis sa création, le second décrit la république fasciste de Salo, créée par Mussolini vers la fin de la guerre. Le texte de présentation de ce livre a été rédigé pas un « expert » en la matière, l’ancien Waffen SS Christian de la Mazière, qui fut un temps directeur de publication du Choc du Mois. À l’issue de cette opération, les policiers auraient saisi des armes à feu, des armes blanches, de la littérature antisémite, des manuels de fabrication d’explosifs. Mais, plus intéressant, nous avons découvert de notre côté que les fameuses affiches pro-Hamas et révisionnistes collées par le GUD ont été payées et fabriquées à Damas, avec l’autorisation du Ministre syrien de la Défense, le général Tlass. Les premiers contacts entre Chatillon et Tlass datent d’octobre 1994 : Frédéric Chatillon, lors d’un séjour à Damas, aurait rencontré le général pour discuter de l’aide que celui-ci pouvait apporter à son mouvement. À son retour en France, le leader du GUD fut interrogé par les services spéciaux français sur les raisons de ce voyage et sur ses contacts avec les autorités syriennes. Par ailleurs, en plus des affiches, Damas finance très largement l’édition par Chatillon et ses petits copains de textes révisionnistes qui sont ensuite traduits en arabe et diffusés au Moyen Orient : L’Holocauste au scanner de Jurgen Graf, Les Mythes fondateurs de la politique israëlienne de Garaudy, Critique de la Raison juive occidentale de David Warlet (cf. article sur Réfléchir & Agir aux pages suivantes)… Tous ces textes ayant pour particularité d’avoir été traduits par la même personne, Jawad Bashara, qui participa également à l’écriture du livre de Warlet (cf. infra). … et tête Baas ! Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la Syrie finance les activités de l’extrême droite française. Dans les années 1970, François Duprat, un des théoriciens du FN, avait reçu des fonds de pays arabes, dont la Syrie, pour la création de son comité de soutien à la Palestine ainsi que pour la diffusion des premiers écrits révisionnistes connus, comme la version française du livre de l’anglais Richard Harwood Did six million really die ?. » On revient au départ, avec Duprat !

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